LAVOISIER
(D'aiDfès Houdon, Conservatoire des Ans et Métiers )
d'Abbans, le premier, appliqua la vapeur à la navigation ; les frères Montgolfier s'élancèrent, avec les premiers ballons, à la conquête du ciel.
Buffon '. — Buffon est à la fois un des beaux écrivains du siècle, son plus grand poète avec Rousseau, le plus illustre des naturalistes depuis Aristote.
Né à Montbard, en Bourgogne, il y passa presque toute sa vie. sauf le temps qu'il employa à voyager et les quelques mois que réclamait la direction du jardin du roi (Jardin des Plantes). Il forma de nombreux élèves qui collaborèrent à son Histoire naturelle, où abondent les prévisions géniales.
Rectifiant Leibnitz, il enchaîna l'une à l'autre les six Epoques de la nature (époques de la fluidité et de l'incandescence du globe, du refroidissement et de la consolidation de la terre, des eaux qui couvrent tout, de l'apparition des grands animaux dans la région du Nord, de la séparation des deux continents et de l'apparition de l'homme).
Buffon précède Bordeu et Bichat par la démonstration de l'unité de structure entre tous les êtres vivants, composés d'une infinité de molécules vivantes et dont l'énergie totale est la somme d'une infinité d'énergies rudimentaires.
L'homme est au haut de l'échelle.
Il précède Lamafck et Darwin par sa théorie, à la vérité seulement philosophique, de la mutabilité des espèces.
Il fonde la géographie zoologique en déterminant l'habitat naturel de chaque espèce animale. Il récuse les nomenclatures artificielles de Linné et de son école.
i6S4 A 1721. -^ WATTEAU.
Il devance Cuvier pour la loi de la Bernardin de Saint-Pierre. — La
prééminence relative des organes. noblesse et l'éclat du sien contri-
Sa définition du génie qui n'est qu'une buèrent à faire de l'histoire naturelle
longue patience s'applique à lui. Pourtant, comme une nouvelle province de la litté-
il ne lui suffit pas de contempler la nature rature ^.
et de la décrire ; il l'interprète : « Le C'est dans cette province que va
meilleur creuset, c'est l'esprit. » Mais ce régner Bernardin de Saint-Pierre, élève
sont des procédés exclusivement scien- de Rousseau et précurseur de Chateau-
tifiques qui l'ont conduit à ses vastes briand, auteur d'une naïve application
théories. de la théorie des causes finales à la
Sa poésie voisine avec celle de Lucrèce, création {Etudes de la Nature) . Il détacha
Il aime surtout dans la nature l'ordre l"ui-méme de ce livre, devenu illisible
qu'il a mis dans sa vie.
Dans son discours de réception à l'Académie, surnommé après coup : Discours sur le style, il donne la belle définition : « Le style, c'est l'homme même. »
malgré l'agrément du style, une églogue aux pays tropicaux {Paul et Virginie), dont le succès fut immense et qu'on lit encore avec émotion à quinze ans.