‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 297 sur 725 · PAIX DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

PAIX DE VERSAILLES

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l'électeur de Hesse. Le Congrès proclama alors la constitution et l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique et vota « la déclaration des droits» (12 juin i775)-

C'étaient les idées de \'oltaire, de Rousseau, surtout de Montesquieu, en articles de loi.

La Fayette. — Paris prit feu pour les <■ Insurgents ». « Leur cause était la cause du genre humain et ils combattaient pour la liberté de l'Europe en combattant pour la leur. ' »

Le jeune marquis de La Fayette, dans la première aimée de son mariage, partit tout de suite, avec son beau- frère Xoailles et son ami Ségur. Il dit le mot même de toute la France : « Dès que je connus la querelle, mon cœur fut enrôlé. »

Benjamin Franklin, en mission à Paris, y fut reçu avec enthousiasme.

La France au secours de l'Amérique.

— Vergennes se souvint de la méthode de Richelieu pendant la guerre de Trente ans, où il n'était intervenu que progressivement. Il aida les volontaires, envoya par son agent secret, qui n'était rien moins que Beaumarchais, des secours aux Américains, entama des négociations avec l'Espagne pour son entrée en guerre. Louis XVI, longtemps hésitant, ne se décida qu'après la victoire de Gates, le meilleur lieutenant de Washington, à Saratoga. Il signa le traité d'alliance avec les Etats-Unis à l'hiver de 1778, et, peu après, déclara la guerre à l'Angleterre.

Les Anglais prirent aussitôt l'offensive sur mer, mais pour subir un échec au large d'Ouessant. Les mauvais temps d'automne empêchèrent une expédition franco-espagnole de débarquer en Angleterre.

Les années suivantes, la guerre maritime mit aux prises de grands chefs :

l'anglais Rodney et, de notre côté, d'Estaing, Guichen, surtout le baiUi de Suffren qui porta la guerre aux Indes.

Il y retrouva le Bussy de Dupleix, s'allia avec le radjah de^ Mysore, Haïder-.-Ui, reprit toutes les villes de la côte. Les alliés échouèrent devant Gibraltar, mais s'emparèrent de Mahon et de Minorque.

Le jeu anglais, c'était de raUmner la guerre continentale. Vergemies se garda de tomber au piège. La question du droit de visite, des denrées qui étaient ou n'étaient pas contrebande de guerre, du blocus réel ou fictif, fut posée par la Russie. Habilement, Vergennes reconnut

I. Lettre de Franklin à Coope : « C'est à Paris un commun dicton que votre cause.. . •

\\ XMiINT.rON (1732-17^1.

(D'après Stuart, New-York)

aux neutres la liberté de navigation. L'Angleterre n'eut plus un allié sur le continent.

Prise de Yorktov,'n.

— Comme Washington Itrttait péniblement avec des troupes insuffisantes et mal équipées, une belle manœuvre de Rochambeau, débarqué en juillet 1780, avec 8000 hommes de renfort, décida enfin de la victoire à l'automne de l'année suivante.

Le général Comwallis s'était établi à Yorktown, à l'entrée de la baie de Chesapeake. Pendant que le marquis de Grasse se portait au cap Honey (sud de la baie) où il était rejoint par La Fayette, Rochambeau, qui s'était galamment placé sous les ordres de Washington, faisait une marche de 800 kilomètres, et attaquait Yorktown par le . Nord. La Fayette, menant une colonne d'Américains, et Vioménil avec les Français, enlevèrent les redoutes qui couvraient la viUe ; Comwallis fut réduit à capituler (19 octobre 1781).

Washington, au moment de iaire ses adieux à La Fayette, lui dit : « Avec vous, il me semble voir s'éloigner de moi l'image de cette généreuse France qui nous a tant aimés et que j'ai aimée en vous aimant. »

Paix de Versailles. — La Fayette courut à Paris annoncer que « la pièce était jouée, le cinquième acte fini, la cause de l'humanité gagnée ». Lord Xorth ne sut que dire : « Tout est perdu, »

Les négociations qui s'ouvrirent l'année d'après auraient vite abouti sans les prétentions des Espagnols sur Gibraltar ; ils finirent par accepter la Floride en compensation. La paix générale fut signée à Versailles (3 septembre 1783). •

La France et l'Angleterre se restituaient mutuellement leurs conquêtes aux Antilles et aux Indes. Mais la France reprit le Sénégal ainsi que-les îles Saint- Pierre et Miquelon et fit abroger l'article du traité de Paris sur les fortifications de Uunkerque. Surtout l'Angleterre reconnut l'indépendance des Etats-Unis.

C'était le but de la guerre. La guerre avait coûté à la France, déjà obérée lourdement, un milliard. Personne ne le regretta.

« La France, dit Michelet, garda la gloire et la ruine, » Elle avait lavé les hontes de la guerre de Sept ans, repris

MIMSTËRE DE XECKER.

1776 A lySi.

son ascendant en Europe, proclamé la liberté des mers, abaissé l'Angleterre, sauvé au berceau la plus grande démo-

LES DERMERS TEMPS

pv'AvoiR fait dans le Nouveau Monde *~^ l'apprentissage de la liberté, la France en était devenue plus impatiente. La monarchie française, comme autrefois l'anglaise, va se trouver dans une situation où les fautes sont irréparables '.

Louis XVI, à ses débuts, a eu l'illusion de reconunencer Henri IV. Quelqu'un a écrit sur la statue du Pont-Neuf : Resurrexit. Mais Henri IV avait gardé Sully contre les coteries.

Ayant congédié Turgot, Louis XVI dit à Malesherbes, qui partait avec son ami : « Que vous êtes heureux ! que ne puis-je aussi quitter ma place ! » Ce mot éclaire le règne. Il se sent impropre à sa tâche, son métier de roi l'ennuie. Ce brave homme, Marie- Antoinette l'appelle « un pauvre homme » -.

Il ne sait pas vouloir. Il va tenir à Necker le même langage qu'à Turgot, le soutenir quelque temps et le laisser tomber sous les mêmes coups.

Necker. — La grande cause de mécontentement et de trouble, c'est toujours la crise des finances.

L'intendant Clugny n'ayant remplacé Turgot que le temps d'abolir ses réformes, Maurepas obtint le concours d'un banquier protestant, «citoyen de la République de Genève », Necker, mais sans lui dormer le titre de ministre, à cause de sa nationalité et de sa religion.

Necker, sans rien de transcendant, mais la probité même, qui avait fait honnêtement une très grosse fortune, sans doute l'homme de son temps qui connaissait le mieux les finances et la banque, était disciple de Colbert, comme Turgot l'était de Sully. Malgré qu'il eût controversé avec les économistes, il était bien vu des philosophes et des gens de lettres qu'il avait à dîner tous les vendredis, et, malgré qu'il ne fût pas catholique, il entretenait des relations d'amitié avec la noblesse et, même, le clergé.

Politique de Necker. — Où son hardi prédécesseur avait échoué pour avoir tiré de toutes ses batteries à la fois, il chercha à réussir par la ' modération, dont il n'avait pas le culte, mais la superstition (1776).

Cet esprit de transaction et de prudence lui valut d'abord un succès presque

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