‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 299 sur 725 · I7S4- — LE « MARIA GE DE FIGARO · texte numérisé non relu

I7S4- — LE « MARIA GE DE FIGARO

lourde, s'en firent relever, puis Calonne, affaires^ et à la diplo-

l'homme du comte d'Artois et de la matie secrète, joue son

coterie des Polignac (1783), A la mort rôle au ser\'ice de Ver-

de Maurepas, peu après le départ de gennes, dans les premiers

Xecker, Louis XVI ne voulut plus de temps de la Révolution

premier ministre. d'Amérique, entreprend

Du renvoi de Turgot à la crise finale (à Kehl) la première

qui va s'ouvrir au cours du gouvernement édition complète des

de Calonne, c'est l'époque de l'influence œuvres de \'oltaire.

dominante de la reine. « Le Mariage de Fi-

Elle est devenue mère et, fière d'avoir garo ». — Voici enfin le assuré l'hérédité directe, se mêle toujours davantage des affaires, mais sans diminuer sa dépense ni assourdir le bruit de ses

Mariage de Figaro (ou la Folle journée].

La censure l'a interdit trois ans de

BE.\UM.\RCHA1S

(D'après Cocliin.)

plaisirs. Son impopularité s'en accroît, suite ; Louis XVI, qui s'est fait lire la Elle n'y prend pas garde. Elle a fait pièce, a senti passer le souffle révolutionconstruire le petit Trianon. Les * grands naire : « Cela est détestable, cela ne sera jours » y alternent avec les fêtes de nuit, jamais joué. » Riposte de Beaimiarchais : Le théâtre est « comme le temple du « Le roi ne veut pas qu'on le joue, donc

on le jouera. »

lieu ». Elle joue la Colette du Devin de vil lage de Rousseau,/? os î'nc du Barbier de Séville de Beaumarchais, avec le comte d'Artois dans Figaro.

C ar on de Beaumarctaa is.

— ^1 On a déjà vu Beaumarchais circuler dans les coulisses de l'histoire.

Garçon horlt > ger, puis harpiste des fillf :

de Louis X\ , il a commencé sa fortune avec Du ver nay qui l'a employé dans toutes sortesde tripotages financierset politiques, surtout en Espagne.

« Les mots d'oppression et de tyran nie, raconte M m e Campan ', ne furent jamais prononcés, dans les jours qui précédèrent la chute du trône, avec pi us de passion et de véhémence. »

Le roi céda, à la demande de la reine. Le Mar ia ge fut joué (le z 7 avril 1784), sur la scène de l'Odéon actuel.

« Les cordons bleus, dans la foule pressée au.x guichets, s'étaient coudoyés avec les Savoyards ' », des duchesses

LE ll.\MEAl' Iif PKMT TklANO.V, .MAISO.V DE LA kKl.NE

Une des constructions (lu Hêinieau, dans te parc de Versailles où U étaient placéeS

reine et sa cour se plaisaient à des récréations cli impëircs. ,, i,i„,.„ „„*„

(D-apres une photographie.) °" OaiCOn entre

des danseuses ,

A son retour, il a débuté au théâtre lecomte de Provence et le comte d'Artois

par des drames larmoyants qui tom- dans les loges. Ce fut « un délire général ».

bèrent à plat, et, aussitôt après, a conquis Tous les mots portèrent : « Noblesse, for-

de haute lutte une tapageuse renommée tune, qu'avez-vous fait pour tant de

par ses Mémoires sur l'affaire Gofiman, biens ? \'ous vous êtes donné la peine de

charge brillante contre le Parleinent Mau- naître.» Le peuple, dit Grinim, vit en

peou. U donne ensuite le Barbier de Séville, chef-d'uuvre de précision et de clarté, qui réintègre dans la comédie l'intrigue et la gaîté ; puis il revient aux

Beaumarchais « le vengeur de sa misère ».

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