Mémoires de Bachai'mont
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Cette premitre représentation, suivie nuit dans le parc de Versailles et qu'il de cent autres, c'est la première journée pourra lui plaire en achetant un collier de la Révolution. de diamants de douze cent mille francs
L'affaire du collier. — L'hiver d'après, dont elle a envie. La « carafe magique » l'insolent succès durait encore quand se du « grand Cophte » avait attesté au carnoua l'intrigue qui sera l'affaire du dinal les tendres sentiments de la reine. collier. Le procès. — Mais ce qui étonne le
C'est une autre folle journée, trans- plus, c'est qu'au lieu d'étoufîer l'affaire, portée du théâtre dans la vie. Mêmes le roi, poussé par le miiistre Breteuil, déguisements, quiproquos, rendez-vous ait fait arrêter le cardinal, en rochet nocturnes <' sous les grands marronniers ». et camail, devant toute la tour pour Les principaux acteurs sont un cardinal, être conduit à la Bastille et déféré au habillé en mousquetaire, qui prend une Parlement. Le scandale fut immense. Il fille du Palais - Royal pour la reine ; un scapin de bas étage ', escroc et voleur, qui se dit « le grand Cophte », fart des tours de charlatan forabi et trafique de sa femme, une Suzanne complaisante ; une aventurière qui prétend descendre des \'alois par bâtardise ^.
On se dé fend mal de croire qu'ici encore les personnages réels s'inspirèrent des imaginaires. L'anecdote, qui passionne l'Europe un an durant et que Gœthe appelle " la préface » du grand
eut été payé trop cher même d'une condamnation.
Nul doute que le cardinal n'eût été dupé par des escrocs.
C'est certainement Mme de la .Alotte qui avait m )nté la comédie, forgé les lettres de la reine à Rohan, reçu le collier, vendu les diamants pierre par pierre. Son mari était en fuite.
Cependant les passions l'emportèrent et la Valois fut seule condamnée.
L'accusation contre Rohan était d'avoir, en croyant sur parole l'aven tu riére, « violé le respect dû à la majesté
Eï INTERIEUR LOUIS -VM
(D'après Moreau le Jeu;
dans
drame, baigne
l'atmosphère trouble de Figaro. royale » ; le procureur ne demandait tou
Il n'est pas surprenant que, dans cette tefois qu'une peine légère : que le car-
fm trépidante du siècle, il se soit ren- dinal fût condamné à reconnaître son
contré un grand seigneur ecclésiastique, erreur devant la cour et à demander
prince du Saint-Empire, ancien ambassa- pardon au roi et à la reine, deur, grand aumônier de France, cardinal, Il fut déchargé de l'accusation à la
pour avoir l'ambition du pouvoir et la majorité, et presque porté en triomphe
fatujté d'y parvenir par les mêmes che- par la foule (1785-1786). mins que Richelieu et Mazaiin. Ministère de Caionne. — Dans le
La surprise commence à la sottise même temps que le procès du collier a d'un Rohan, qui n'est pas un « Monsieur mis le feu à l'opinion, le déficit est de- Jourdain », qui a passé sa vie dans les venu impossible à dissimuler, cours et à qui une aventurière persuade A l'arrivée de Caionne au.K affaires, que la reine, son ennemie notoire, dont les régies de Necker (nos directions
il n'a jamais eu une parole, l'attendra de