LA COXVOCATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX
\A inistère de Brienne. — La Fayette, dans surplus, il n'avait pas « la certitude légale
^'*^ tout l'éclat de sa jeune gloire, avait d'un déficit peut-être exagéré ». Il gagnait
proposé aux notables la convocation ainsi une facile popularité et continuait
d'une Assemblée nationale : « Quoi ! à tenir les classes privilégiées hors de
monsieur, dit le comte d'Artois, vous l'impôt. Brienne le relégua à Troj'es, puis
demandez la convocation des Etats accorda le retrait des impôts réforma-
généraux ? — Oui, monseigneur, et même mieux que cela. »
Il n'avait pas été réuni d'Etats généraux depuis 1614. Les prochains
teurs (la subvention territoriale et le timbre) en échange du vote des deux vingtièmes.
Nécessairement, cette laide transaction
prendraient certainement d'autres guides n'améliora pas la crise financière. Le cri quf les Etats du roi Jean ou de Louis XIII. public pour les Etats généraux se fit de Sitôt assemblés, ils se saisiraient de tout plus en plus fort, le pouvoir législatif. Les lits de justice. — Brienne crut
Les notables s'étant séparés (25 mai faire merveille en décidant d'emprunter 1787), il eût fallu convoquer aussitôt eu cinq ans 420 millions et de réunir les les Etats. Louis XVI attendit plus d'un an Etats vers 1792. Sur quoi le conseiller (jusqu'au 8 août 1788) avant d'en prendre d'Epresmesnil demanda la réunion des son parti. Etats pour 1789 ; le Parlement n'enre-
Loménie de Brienne, qu'il donna gistra l'édit des emprunts qu'en un lit comme successeur à Calonne, n'était de justice.
guère moins léger que lui, sans avoir «ses Le duc d'Orléans, qui assistait à la
étincelles de génie ». Archevêque de séance, déclara que l'enregistrement était Toulouse à trente-six ans, sa principale illégal. Le roi reprit avec violence : « C'est affaire, au cours de son ministère, fut légal, parce que je le veux », et exila le d'échanger son siège pour celui de Sens duc à Villers-Cotterets. qui était d'un revenu plus considérable; L'édit « de tolérance », préparé naguère
il passa son temps en querelle avec le par Malesherbes, qui rétablit les protes- Parlement, ébauchant des coups de force, tants dans leurs droits, et la promesse reculant aux obstacles. royale de réunir les Etats généraux avant
Necker, enfin rappelé, dira fort bien : cinq ans parurent des concessions insuf- « Que ne m'a-t-on donné les quinze mois fisantes. Le « rassemblement » des méconde l'archevêque de Sens ! ^laintenant tents continua à se faire autour du Parlec'est trop tard 1 » Beaucoup de fautes ment et du monde de la robe, des « basoirréparables avaient été commises ; l'auto- chiens». Leur rhétorique se fit lourderité continua à se dissoudre, dans un ment révolutionnaire ; le Parlement de commencement d'anarchie. Rennes dénonça les traitants « altérés
Brienne et les Parlements. — Comme du sang des pauvres », « les fortunes les notables, avant de se séparer, s'étaient subites et scandaleuses » ; les anciennes déclarés sans pouvoir pour établir de valaient-elles mieux ? nouveaux impôts, Brienne en demanda Sur de nouvelles remontrances du
le vote au Parlement. Parlement de Paris, le garde des Sceaux
Bien qu'il eût usé depuis deux siècles Lamoignon concerta avec Brienne de du droit d'enregistrer les impôts, le Par- recommencer le coup de Maupeou. lement protesta cette fois que le droit Le conseiller d'Epr.'mesnil, averti, réunit n'en appartenait qu'à « la nation repré- à la hâte ses collègues et leur fit prendre sentée par les Etats généraux » et qu'au un arrêté qui, sous couleur de consacrer