LES CAHIERS
tion constante des Etats généraux, c'est. à-dire le résumé de leurs plaintes et de leurs vœux.
« Monument précieux de la raison en Franc€ », dira Chateaubriand, en pleine Chambre des Pairs, sous Charles X. En effet, les idées alors nouvelles, aujourd'hui maîtresses dans tous les pays civilisés, y sont exprimées avec autant de modération que de fermeté.
Comme il est avéré que tous les maux de la nation viennent du pouvoir arbitraire, il faut une Constirtution qui sera désormais la règle invariable de toutes les parties de l'administration et de l'ordre public. Les droits du roi seront resserrés dans de justes bornes ; ceux de la nation sont exactement précisés. La Constitution garantira à tous les Français la liberté individuelle, la liberté de penser et d'écrire ; les Etats, régulièrement con-
voqués, participeront à la confection des lois ; ils voteront les impôts, payés par tous, par la noblesse et le clergé comme par le Tiers ; le roi ne pourra les lever sans leur consentement.
Nulle pensée de révolution violente.
Les Etats agiront « avec une extrême prudence, par des mouvements continus et lents, avec des formes régulières ».
Les électeurs reconnaissent l'étroite union des trois ordres. Ils ne doutent pas du concours de Louis XVI, « Louis le Juste », auquel ils attribuent la convocation des Etats. « Le naufrage est passé » et la terre promise est en vue. La France libre servira d'exemple au monde.
Il n'}' eut jamais de peuple qui attendît de lui-même, pour le genre humain et pour lui-même, de plus grandes choses et de plus heureuses.
C était très beau.
LES PRIX CI pi: S DP LA KEVOLUTIOX