‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 31 sur 725 · Voir p · texte numérisé non relu

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Ce mouvement fut général. Si l'éman- Ces «bourgeoisies » intelligentes, labo-

cipation fut plus prompte dans le Midi rieuses, intrépides, vont être le berceau

que dans le reste du royaume, c'est que la, conquête franque n'y avait jamais pénétré à fond et que l'autorité des évêques, sinon des seigneurs, y avait conservé quelque chose de son caractère de magistrature. Au contraire, à mesure

du Tiers Etat. On leur a reproché de tourner parfois à l'oligarchie et de chercher à rendre héréditaires des charges électives.

Des politiques ont attribué à Louis VI le mérite de l'affranchissement des

qu'on se rapprochait du Nord ou de villes '. C'est fausser l'histoire. En l'Est, on trouvait les traces de l'inva- réalité, Louis VI mit du temps à reconsion germanique plus profondément mar- naître dans les bourgeoisies des alliées : quées et le pouvoir féodal plus fort.

La conjuration, qui- donna naissance à la commune affranchie, se produisit presque partout de la même manière.

Les habitants des communes, — ou, pour mieux dire, d'un mot plus général et plus exact, des bourgeoisies, — se réunissaient et prêtaient le serment de se soutenir les uns les autres et de ne plus permettre ni aux seigneurs ni aux évêques de les traiter désormais en serfs. C'était ce qu'on appelait jurer la commune.

Tous ceux qui s'étaient liés ainsi prenaient dès lors le nom de communiers ou de jurés ; ils constituaient,

parfois dans le tumulte, un gouvernement électif, un corps municipal d'échevins présidé par un maire ou, dans le Midi, par un consul.

il s'opposa constamment à la constitutution en communes des villes de son domaine.

Son fils LouisVII-,tout en continuant à combattre la liberté chez lui, l'appuya résolument quand elle se dressait contre les grands vassaux. Le mouvement des communes ne fut favorisé dans tous lesdomaines, royaux comme particulier;,, que sous Philippe Auguste.

Le mariage et le divorce de Louis VIL — Louis VII, fils de Louis VI, avait seize ans quand il succéda à

BOURGEOIS LISANT LEUR CHARTE SOn pèrC. SoU do-

Préliminaires du serment qu'ils vont prêter de se soutenir mainC propre s'é-

et de ne olus permettre ni aux seigfneurs ni aux évêques j. a -i a -kt „

• de les traiter en terfs. tendait du Vcrman-

dois au Bourbonnais, sur les vallées moyennes de la Seine et de la Loire. De sa femme Eléonore, fille unique du duc d'Aquitaine, il avait reçu en dot un fief immense, presque

Tantôt les seigneurs et les évêques toute la France occidentale, de la basse

consentirent de bon gré au rachat des Loire aux Pyrénées : Poitou, Périgord,

franchises conomunales ; tantôt il fallut Auvergne, Guyenne et Gascogne, leur arracher de force la reconnaissance La maison des Capétiens ne recon-

des libertés réclamées. naissait point le droit successoral des

La « République », une fois constituée, femmes. Partout ailleurs, elles héritaient

s'attribuait un pouvoir presque régalien, (en Angleterre, en Castille, dans les grands

Le corps municipal administre la cité ; il a le droit de paix et de guerre comme un baron féodal ; il a une milice, im trésor, il lève l'impôt.

Toutefois les chartes communales diffèrent fort selon les régions. Elles sont

fiefs, Flandi^es, Aquitaine, Bourgogne, Jéi-usalem). Qui les épousait, épousait de vastes contrées, royaumes, duchés, comtés, avec leurs populations, comme une femme riche apporte aujourd'hui à son mari ses propriétés et ses maisons avec

de beaucoup plus larges dans le Midi et leurs meubles. Mais qui divorçait, avant dans le Nord, où ne s'étendent pas encore d'avoir eu un fils, perdait du coup les

les domaines du roi, que dans le Centre et à l'Ouest. Là, le roi se réserve la justice, le commandement des milices, la perception de l'impôt. Les cités de l'Est font encore partie du Saint-Empire.

provinces dotales et, si la femme se remariait, ses terres et ses vassaux passaient à son second mari.

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