MIRABEAU
(D'après un pastel
de Micliel-Honoré
Bounieu.)
costume de gala, vint dire à Bailly :
« Monsieur, vous avez entendu Tordre du roi i>, le président, pâle, mais fenne, répondit : « L'Assemblée va en délibérer. »
Mirabeau saisit la minute historique :
« Nous avons entendu les intentions qu'on a suggérées au roi.... Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la force des baïonnettes. » Dreux-Brézé sortit à reculons, comme devant le roi.
La séance continua (avec 80 curés q\ii étaient rentrés). «Vous êtes aujourd'hui, avait dit Sieyès, ce que vous étiez hier. » On vota, sur la motion de Mirabeau, que les députés étaient inviolables Les jours suivants, la majorité du clergé et cinquante nobles, dont le duc d'Orléans, rejoignirent. Le roi, quand Dreux-Brézé
MIRABEAU "ET DREUX-BREZE r e député d'Aix s'adresse au grand-maître des cérémonies qui a invité les députés du Tiers à se retirer : «Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici (dans la Salle des États; par la volonté du peuple et qu'on ne nous en arrachera que par la force des baïonnettes ». (Reproduction du bas-relief de Dalou.)
le lendemain dans les chambres affectées à chaque ordre.
Mirabeau et Dreux-Brézé. — La noblesse et le clergé obéirent, suivirent le roi quand il se retira. Le Tiers, tout entier, resta dans la salle, à ses bancs. Quand, au bout d'un instant, le grandmaître des cérémonies Dreux-Brézé, en
lui fit son récit, eut un geste d'ennui : « Ils veulent rester, qu'ils restent ! » Puis, ayant rappelé Necker, il se résigna, ou fit semblant, écrivit qu'il voulait maintenant qu'on se réunît.
Le 29, tout le clergé et toute la noblesse prirent part aux délibérations.
Il n'y avait plus d'ordres.