‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 316 sur 725 · PRISE DE L.\ BASTI · texte numérisé non relu

PRISE DE L.\ BASTI

OÙ un jeune et ardent journaliste, Camille Desmoulins, avait appelé aux armes. Comme il fallait une cocarde, on arracha les fouilles des marronniers que chacun mit à son chapeau.

Le prince de Lambesc fit charger ses dragons dans le jardin des Tuileries où la foule s'était portée ; effrayé de ce premier geste de guerre civile, il recula ensuite aux Champs-Elysées. Besenval, qui avait 5 000 hommes au Champ de Mars, n'osa l'appuyer.

Les électeurs, réunisà l'Hôtel de Ville, décidèrent de créer une garde bourgeoise de 48 000 hommes — la future garde riationale. — Déjà, plusieurs milliers d'hommes avaient envahi les Invalides et l'Arsenal et I s'y étaient emparés de fusils et de piques, ainsi que d'une trentaine de canons. Dans la nuit, ils se portèrent, mêlés de gardes françaises, vers la Bastille.

Prise de !a Bastille. — S'il y eut un mot d'ordre, on n'a jamais su d'où il partit. Ce fut une inspiration qui, au son du tocsin, dans la nuit chaude, jaillit de l'âme même du peuple, hantée de toutes les légendes qui faisaient de la forteresse, prison d'Etat où n'avaient guère été enfermés, depuis deux siècles, dans de très confortables appartements, que des gens de cour et des gens de lettres, le symbole de l'arbitraire et de la tyrannie.

Récemment, l'histoire de Latude, vulgaire imposteur qui avait passé quelques années à la Bastille et dans d'autres prisons, et de la mercière Mme Legros, qui s'était dévouée à la délivrance du drôle, avait eu un grand succès de larmes.

Le gouverneur de la Bastille, Launay, avait pour toute garnison 95 invalides et 30 Suisses. Les Suisses, tirant des créneaux ou de la terrasse, tuèrent et blessèrent une centaine d'assiégeants^.

3. Selon MicHELET ; 83 tués et 83 blessés sur 825 combattants, selon Marmontel.

LLE, 14 juillet 17S9.

après Prieur, Biàl. Nal., Est.).

lyhg. —

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