I. Arthur Younc
monde : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. — Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. — Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. »
Ces droits, assurément métaphysiques, mais qui sont aussi historiques, en ce sens qu'ils résultent de la longue expérience des peuples, ce sont les titres du genre humain que Montesquieu a retrouvés, les principes que Rousseau a posés dans le Contrat social.
D'où découle tout le reste : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; les bornes n'en peuvent être déterminées que par la loi. — La loi est l'expression de la volonté générale ; tous les citoyens ont droit à concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation ; elle doit être la même pour tous. — Tous les citoyens sont également admissibles à toute dignité, places et emplois publics, selon leur capacité. — Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. — La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires. — Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. — Tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. — La contribution publique doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. — Les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi. — Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution ».
Il n'y a pas un seul de ces articles dont le respect ne soit aujourd'hui tenu pour aussi nécessaire à une société civilisée que l'air qu'il respire à l'homme. André Chénier écrivit : « La liberté se propagera dans tous les sens et le nom de la 1-rance sera à jamais béni par tous les peuples de la terre. »
Le roi contre la Déclaration. — De nouveau Louis XVI refusa son approbation.
La résistance du roi à la Déclaration des droits parut un défi, même aux plus modérés. La cour voulait-elle pousser le peuple aux extrêmes?
DI'CLARATIOX DES DRi^ITS DE L'HOMME. — lySç.