GUERRIERS DU .\11I« SIECLE
(D'après un haut-relief d'un linteau de porte de la cathédrale de Reims
qui représente la Décollation de Saint Nicaise.)
porta en Flan dres contre les Flamands et les Allemands et remporta la célèbre victoire du pont de Bouvines (27 août 1214).
L'empereur allemand n'échappa que par la fuite ; les comtes félons de Flandres et de Boulogne rent faits sonniers.
Selon légende,
postérieure, Philippe, au matin de la rencontre, aurait réuni ses barons fidèles et, ayant déposé sa couronne surl'autel : « Je suis
un homme comme vous ; si vous ne
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une très
à Philippe Auguste qui réunit au royaume m'aidiez pas à la porter, je n'en pourrais
la Normandie, le Maine, la Touraine et supporter le poids. » Outre l'étendard
l'Anjou ; Jean reconnut n'avoir plus royal, il fit déployer l'oriflamme de
dans ces beUes contrées ni terres, ni- Saint Denis, patron de la France.
hommei. ', ni alliés. Chevaliers et soldats s'élancèrent
La bataille de Bouvines. — La trêve aussitôt, poussant le cri de guerre : «Mont-
de 1205 dura six années. La guerre ayant joie Saint-Denis ! »
repris en 1212, Jean appela à son aide Si profond était déjà l'instinct national
l'empereur Otton et s'allia au comte de que la victoire de Bouvines, au contraire
Flandres. Ferrand, qui aurait bien voulu de tant d'autres qui l'avaient précédée et
être souverain indépendant, consentit à la suprême trahison : transporter l'hommage à l'ennemi de son seigneur.
Les barons d'Aquitaine suivirent, ainsi que toute la féodalité du Nord, et le