‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 342 sur 725 · MmcCampan · texte numérisé non relu

MmcCampan

LA JOLK.\i:i- DU lo AOUT — 1792.

ijq2. — SUSPENSION DU ROI.

Le 9 août au soir, Danton fit sonnerie mann, avait crié aux Suisses: ('Rendeztocsin, dont il donna le sia:nal aux Corde- vous à la nation ! » Ils répondirent braliers, et s'installa à Ttlôtel de Ville où vement qu'ils se croiraient déshonorés, s'était réunie la nouvelle Conunune Les Suisses et les gardes rouges, tirant «insurrectionnelle». des feoétres du château, balayèrent

Le Dix Août. — Le lendemain matin, d'abord la place du Carrousel. Les iNIar-

environ 20 000 hommes, avec des piques, seillais, les Bretons et les fédérés du

des fusils et quelques canons, se mirent faubourg Saint-Antoine amenèrent quel-

en marche vers les Tuileries, mais, cette ques canons. Le château fut forcé.

fois, sans s'arrêter à l'Assemblée.

Le roi avait appelé au château un millier de Suisses, fidèles jusqu'à la mort, des gardes du corps et quelques gardes

Quand Rœdere'r en informa l'Assemblée, le roi averti! le président qu'il venait de donner l'ordre de ne point tirer. Les assaillants avaient perdu

constitutionnels». A l'aube, il alla les 400 hommes. Près d'un millier de Suisses passer en revue «muet », raconte un des gardes du corps et domestiques furent gardes ducorps^ se dandinant, semblant dire :

« Tout est perdu. » Puis il se recoucha, ne se leva que pour recevoir Rœderer, procureur syndic du département, qui l'engagea à se réfugier à l'Assemblée, « seul lieu où il fût désormais en sûreté ».

La reine eut une révolte.

« Marchons ! »

dit le roi. La famille royalele suivit. Comme Louis X\T passait devant la terrasse

LA TOrE Df TEîrPLE des Donjon de l'ancien châtea» des Tenipliers, où furent détenus Louis XVI

... et la famille royale.

1 UllerieS , un (O'^p^s'une aquarelle de la périoile révolutionnaire, Musée CariiavaUt. )

jeune officier

corse (Napoléon Buonapart*) s'étonna tionale qui déciderait des mesures ulté

tués dans le combat ou massacrés après la prise du château.

Suspension du roi. — Sur 750 députés, il n'y en avait que 300 de présents à l'As st^mblée. A la nuit, V e r gniaud, rem placé à la présidence par Guadet, pro posa trois mesures dont il réclama le vote immédiat : la suspension du pouvoir exécutif, la destitution des ministres et la convocation d'une Convention na-

vivement d'une telle faiblesse *

En arrivant à TAssemblée, le roi dit, avant de s'asseoir à côté du président qui était ce jour-là Vergniaud : « Je suis venu ici pour éviter un grand crime. »

neures. — qui avait

La Commission des Douze, arrêté ces mesures, hésitait encore devant la déchéance. — Cela fut adopté à l'unanimité '.

L'Assemblée rappela les ministres

Un député ayant observé que la girondins (Roland, Clavière, Servan) et

Constitution interdisait de délibérer en nomma Danton au ministère de la Justice,

présence du roi, on le fit passer avec la le mathématicien Monge à la Marine et

reine, sa sœur (Mme Elisabeth) et les Lebrun aux Relations extérieures, enfants dans la loge du logographe. La famille royale, qui, de la loge du

Prise des Tuileries. — C'est de là logographe, avait assisté à la séance, fut

qu'ils entendirent le combat qui se livrait menée d'abord aux Feuillants, puis

autour du. château abandonné. confiée à la Commune qui l'interna dans

L'un des chefs du peuple, Wester- la tour du Temple.

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