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Mémoires de Dumouriez

LA COX]'EXTIOy.

canonnade de Valmy, simple prélude Ils continuèrent ainsi à se trouver

d'un combat de nos jours, fut longtemps à fronts renversés, les Français face à la

réputée, avec ses 20 000 coups de canon, comme un fait de guerre extraordinaire.

Vers midi, comme se levait le brouillard, Kellermann vit cette fameuse infanterie de Frédéric s'avancer sur trois colonnes à 1" assaut du plateau et dans im si bel ordre, raconte Nassau-

France et les Prussiens sur la rouie d e Paris, où leurs uhlans faisaient des raids Jusqu'à 15 lieues de la capitale.

Les « effrayés » de Paris n'avaient rien compris à l^e.xtraordinaire victoire morale ; ils se mirent aussitôt à réclamer que Dumouriez levât son camp et se portât sur la Marne et, même, à Mont-

Siegen, officier russe qui suivait le roi de martre. Dumouriez répondit qu'il était Prusse, « qu'on eût cru, à quelques sûr de son plan et ne le changerait pas boulets près, se trouver à une manœuvre « pour des housardailles ». de Potsdam bien composée ». En effet, l'année allemande, sur un

Cette forteresse en marche pensait terrain trempé des pluies d'automne, enfoncer d'un seul coup les savetiers, souffrait à la fois de la disette et de la tailleurs et sans-culotte, si toutefois ils dysenterie, se transformait en « hôpital osaient l'attendre autour de leur moulin, ambulant ^ ». Brunswick et le roi ne En effet, il y eut d'abord un frémisse- décoléraient pas contre les émigrés dont ment. Mais Kellermann, tenant au bout les hâbleries les avaient trompés, de son épée son chapeau empanaché de Dumouriez, très bien renseigné, con-

tricolore, pousse le cri de « Vive la dut une trêve et, d'accord avec Dan- Xation ! ». Ses soldats en cannagnole le ton, entama des conversations. Les Prusrépètent, entonnent la Marseillaise et siens, de plus en plus affamés et

embourbés dans la craie de Champagne, perdirent en huit jours près de 6 000 hommes.

Quand la Convention, qui s'était

réunie le jour même de Valmy, eut pro-

Ils oscillent, clamé la République et rendu son décret

du 26 septembre : « Que la République

le Ça ira ! mettent la baïonnette au canon. En même temps, le duc de Chartres ^ amène deux batteries fraîches qui couvèrent d'une grêle d'obus les fantassins prussiens, arrivés à moins de I 000 mètres du moulin '^ivotent et s'en vont.

Quand Brunsvrick, vers le soir, sous la française ne peut entendre aucune procanonnade qui recommence, essaye une position avant que les troupes prusnouvelle attaque, ses troupes ne sortent siennes aient déùnitivement é%'acué le plus de leurs retranchements, le feu territoire français », Brunswick se crut s'éteint et, dit Goethe, qui suivait la joué. On racontera qu'il avait été acheté campagne de Fra>ue^, « ce fut comme par Danton, ce qui n'est qu'une fable s'il ne s'était rien passé ». sans l'ombre d'une preuve.

Mais, le soir, au bivouac, comme on Retraite des Prussiens. — La retraite

lui demandait son impression, il répondit commença le i^"" octobre, par un temps

(à l'en croire I que « de ce lieu et de ce jour afïreux et par des chemins détestables,

datait une nouvelle époque dans l'his- Comme la cavalerie de Dumouriez

toire du monde ». harcelait cette armée, hier si insolente,

Le décret du 26 septembre. — Des mamtenant démoralisée, la retraite tourna

deux côtés les pertes avaient été légères ; à la déroute. Les vivres manquèrent au

200 Prussiens, 300 des nôtres. Brunswick point que les Prussiens en furent réduits

resta sur ses hauteurs de la Lune ; Keller- à dépecer les chevaux morts, mann s'installa de l'autre côté de la Ils évacuèrent Verdun à la hâte et

rivière l'Aube, sur les collines de Gisau- repassèrent la frontière un mois juste

court, avec Dumouriez à sa droite. après Valmy {20 octobre).

y a Convention. — L'Assemblée qui se rable. Elle a fait trembler les rois et elle

*^ réunit le 20 septembre I7y2 et qui a tremblé devant l'émeute. Elle a voulu

siégea, ou régna, trois ans, défte tout l'unité républicaine et elle s'est si bien

jugement d'ensemble, tant furent formi- déchirée qu'après elle, il n'y a plus eu de

dables ses contradictions et tant l'ombre républicains pendant un quart de siècle,

et la lumière se mêlent dansson souvenir. Elle a forcé l'admiration des plus furieux

Elle a été magnifique et elle a été misé- ennemis de la Révolution et elle a désolé

1. Le futur Louis- Philippe. ^^s plus fidèles, les plus purs serviteurs de

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