‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 357 sur 725 · ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE

CBM. Aat., Est,)

Robespierre. — Depuis la Constituante, où ses débuts donnèrent à rire, Robespierre avait constamment grandi. Il s'était fait l'homme du club des Jacobins qui se tirent les siens.

Il sort de Rousseau comme Danton de Diderot. Tête étroite, mais solide, point de cœur, pas de vices. Terne , triste et probe, «incorruptible », artificiel j il jalouse et déteste tout ce qui est lumière, joie, élan, désordre Jamais homme public n'a tant parlé de morale. C'est son côté prêtre, prédicateur, nonconformist.

Il n'est peuple ni par son éloquence, ni par sa tenue, d'ime impeccable correction d'ancien régime. Il traite de démagogues les « sans-culotte », c'est-àdire les gens qui portent des pantalons. Mais il a pris son logement chez des artisans, le ménage Duplay, mange à leur table et, quand il ne discourt pas sur la vertu, c'est sur l'égalité. Le règne de la vertu et de l'égalité, qui sera le bonheur du peuple, exige un nivellement général, une épuration complète. Il appelle la dénonciation, lui-même dénonce incessamment, épure toujours, l'Assemblée, la société, les Jacobins, la Commune.

Le pire, c'est que « tout ce qu'il a dit, il le croit * ».

De loin, avec une ténacité, une volonté de fer, il prépare son isolement, sa toutepuissance d'un jour, sa demi-royaûté, demi-papauté aussi, car il ne hait pas moins l'irréligion régnante que le socialisme naissant. Par la Terreur, qui fut tout son système de gouvernement, il monta méthodiquement à la dictature.

Mais, lui aussi, il aima la patrie, comme l'aimèrent tous les autres qui, eux aussi, eurent les excès de leurs qualités, et sa mort ne fut pas moins fatale à la République que sa cruauté.

CARXOT

I A Révolution avait trouvé Lazare ^ Camot capitaine du génie et déjà réputé pour ses travaiix scientifiques et pour un éloge de Vauban, l'homme qu'il admirait le plus et qu'il égala.

Elu à la Législative, puis à la Convention, il y traita souvent d^s questions militaires ; sa compétence, l'autorité qu'il dégageait et l'ardeur de son patriotisme le firent désigner, dès l'été de 1792,

comme un des commissaires de l'armée du Rhin.

Au Comité de salut public, où il signa — « sans les lire » — les plus affreux décrets, même, ceux à qui manque par calcul le nom de Robespierre, il ne vécut que pour « l'organisation de la victoire », travaillant seize heures par

■I Mirabeau.

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