‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 363 sur 725 · Bulletin du 2' tribunal révolutionnaire, n · texte numérisé non relu

Bulletin du 2' tribunal révolutionnaire, n

2. AuLARD : « II érigea l'hypocrisie en système de gouvernement. »

Il y eut des fournées de vingt, de trente condamnés,hommesetfemmes, Lucile Desmoulins, la veuve d'Hébert, Chaumette, le défenseur septuagénaire de Louis XVI, Malosherbes, ^Ime Elisabeth, vingt-huit fermiers généraux dont Lavoisier, le fondateur de la chimie moderne.

<i II ne leur a fallu qu'un moment, dit le mathématicien Lagrange, pour faire tomber cette tête, et cent ans ne suffiront pas pour en produire une semblable. »

L'Etre su prême. — Le lendemain du meurtre de Danton , Ro bespierre avait fait annoncer (par Couthon) qu'il préparait « un rapport sur l'Eternel ».

Il prononça ensuite un grand discours à l'appui du décret : « Le peuple français reconnaît l'e.xistence de l'Etre suprême et l'immortalité de l'âme. »

Cela parut, dans ces temps atroces, une tartuferie. Quand il présida au Champ de Mars la fête de l'Etre suprême, avec des airs de pontife, un gros bouquet de fleurs et d'épis à la main, il y eut des rires et des mots amers : « Il n'est pas content d'être maître, il lui faut encore être Dieu ! »

La loi de prairial. — Ce premier frémissement n'échappa point à Robespierre; deux jours après, il fit présenter par Couthon un décret tendant à simplifier les procédures, déjà sommaires, du tribunal révolutionnaire, attendu que « toute lenteur est un crime et toute formalité un danger public ». Plus de défenseurs, parce que « défendre les traîtres, c'est conspirer ». Plus d'interrogatoires préalables. Plus de témoins. « La preuve morale suffit. » Le droit pour le Comité (c'est-à-dire Robespierre) de traduire, sans autorisation de l'Assemblée, les députés devant le tribunal.

Encore une fois, la Convention vota.

Page 1