CAMPAGNE DE L'AN II
mais, cette fois, après un peu de résistance. Au Comité, Billaud osa dire à Robespierre : << Je te connais, tu es un contrerévolutionnaire: » (lo juin, 2 prairial.)
La boucherie. — Avec la loi de prairial, <• Code d'assassinat légal », la Terreur devint une <• boucherie » ^. <■ Les têtes, dit Fouquier, tombèrent comme des ardoises. »
Si encombrées qu'elles fussent, les prisons se vidaient : « Bientôt, dit encore Fouquier, on mettra sur leurs portes cet écriteau : Maison à louer. »
Le tribunal expédia, sans même vérifier leur identité, prenant tantôt le père pour le fils, puis reprenant le fils et condamnant jusqu'à des inconnus, tous ceux qu'on amena devant lui. En six semaines, à raison de 40, 50, 70 têtes par jour,
I 376 exécutions ; il y en avait eu i 249 de novembre 1793 au 10 juin 1794, en tout 2 625.
André Chénier fit partie d'une des dernières fournées. C'est miracle que Hoche, Kellerraann (de Valmy), Joséphine de Beauhamais aient échappé.
Par la chaleur, les médecins s'inquiétèrent de tant de cadavres pour la santé publique. Sur la plainte des habitants de la rue Saint-Honoré où passaient les charrettes, et où demeurait Robespierre, la guillotine fut transportée à la barrière du Trône.
Les exécutions continuèrent dans les départements. La Terreur, comme si elle avait voulu rivaliser avec la Saint- Barthélémy, fit le même nombre de xnctimes (environ 20000).