‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 373 sur 725 · MORT DE LOUIS XVII · texte numérisé non relu

MORT DE LOUIS XVII

et présentée à Boissy d'Anglas qui pré- (20 prairial), le comte de Provence prit le

sidait. Boissy, impassible, salua. nom de Louis XVIII et lança de Vérone

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Le Jéputé l'éiaud, comme il conjurait la foule de respecter l'Assemblée, fut massacré, sa tète placiie au bout

d'une pique et présentée à Boissy d'Anglas qui présidait. Boissy. impassible, salua.

(D'après Duplessis-Bertaux, Bil>i. jYa/.. Est.)

seurs. Le lendemain, comme l'insurrection reprit, il fallut canonner le faubourg Saint-Antoine.

La Convention décréta d'arrestation ceux des députés qui avaient délibéré avec le peuple et pris la parole pendant la séance pour demander « une seule espèce de pain » et * la suspension des Comités ». Une commission militaire les condamna à mort. Ces hommes exaltés, mais généreux, les « derniers Montafînards », se frappèrent tous du même couteau qu'ils se transmirent les uns aux autres. Kominc et Goujon se tuèrent; Duquc^noy, Duroi,Bourbotte etSoubrany furent portés sanglants à l'échafaud.

Mort de Louis XVII. — Ces journées commencèrent à détacher le peuple de la République.

Les royalistes, s'ils avaient été sages, eussent pu tirer profit de la réaction thermidorienne ; mais ils continuaient à ne rien comprendre aux temps nouveaux.

Le dauphin étant mort au Temple '

I. Toutes les histoires de la survie du dauphin, enlevé secrètementdu Temple où il aurait

Révolution, libertés et propriétés, et d'tn châtier les auteurs.

La « Terreur blanche ». — Cet appel à la vengeance ne fut pas étranger aux agitations violentes du Midi. Sous le nom de « Compagnies de Jéhu » et « Compagnies du Soleil », des bandes, où des royalistes notoires « travaillaient » avec de vulgaires bandits, se répandirent dans la vallée du Rhône et y commirent d'horribles excès, pillant et tuant. A Avignon et ailleurs, ils forcèrent les prisons, égorgèrent les détenus jacobins et les jetèrent au Rhône.

Ce fut un long « deux septembre », « la Terreur blanche ».

Quiberon. — A l'Ouest, un mot d'ordre a\ ait réveillé la chouannerie.

Une flotte anglaise débarqua à Quiberon plusieurs milliers d'émigrés. Le comte d'Artois fit savoir qu'il allait les rejoindre avec des forces plus considérables.

Hoche venait de procéder avec beauété remplacé par un enfant sourd-muet, ne s'appuient que sur de fragiles hypothèses. Les faux dauphins furent de très vulgaires imposteurs.

QU/BEKON. — 17.95-

coup de générosité et d'intelligence à la pacification de la Vendée. Ce général, le plus pur de tous les républicains, avait annulé nombre de condamnations à mort, élargi les prêtres, rétabli le libre exercice du culte, promis l'amnistie. Ces mesures précipitèrent l'insurrection bretonne ; le Comité central écrivit au chef des chouans (Puisaye) : <• Hàtez-vous d'arriver ; les courages sont ébranlés; les républicains séduisent les chefs. »

HOCHE (1768-1797) (■Biii. Nat., Est.)

Hoche, aussi prompt à l'énergie qu'à la clémence, eut vite fait de réduire la Bretagne et d'écraser l'armée royaliste à Quiberon, malgré l'appui de la flotte anglaise (août 1795).

Tallien, envoyé par la Convention et « craignant les accusateurs », invoqua la loi contre les émigrés ; 800 prisonniers royalistes furent fusillés.Toujourshumain, Hoche ordonna le renvoi dans leurs foyers de tous les soldats-paysans qui s'étaient rendus.

La dure leçon aurait dû ramener les royalistes à plus de prudence. Au contraire, ils préparèrent un nouveau coup, dont le principal résultat fut d'amener Bonaparte sur la grande scène.

LES LOIS DE LA CONVENTION

Constitution de l'an III. — On a vu que la Convention avait ajourné à la pai.x la mise en vigueur de la Constitution. Les Girondins, dès qu'ils furent rentrés dans l'Assemblée, firent abroger cette charte mort-née ; adversaires du suffrage universel et devenus partisans du système des deux Chambres, ils furent les principaux ouvriers de la Constitution de l'an III.

Comme si la Convention, effrayée d'elle-même, avait voulu empêcher que rien de semblable à ce qu'elle avait été ne recommençât jamais *, elle confia le pouvoir exécutif à un Directoire de cinq membres, renouvelable par cinquième tous les ans, et partagea le pouvoir législatif entre deux Assemblées, Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens, élu^s au suffrage restreint et au second degré parmi des candidats censitaires et pareillement renouvelables.

Mais à peine eut-elle organisé ce morcellement de son terrible héritage qu'elle s'inquiéta de voir sombrer dans la réaction les institutions et les lois élaborées par ses Comités au milieu de la prodigieuse tempête.

Cette crainte, qui était fondée, lui fit décréter sa propre survivance dans les prochaines assemblées, à la garde de son œuvre et pour lui donner le temps de se consolider. Les deux tiers de ses membres continueront à siéger, désignés par elle-même, l'un pendant un an après sa tin, l'autre pendant dix-huit mois.

Œuvre législative de la Convention. — L'œuvre législative des Comités de la Convention est, dans son ensemble, aussi digne d'admiration qu'est déconcertante

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