‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 392 sur 725 · PROCONSULAT DE BONAPARTE · texte numérisé non relu

PROCONSULAT DE BONAPARTE

Il dit « ma politique », « mon armée », abolit, pour commencer, le langage républicain.

Il confie (à Miot de Melito) : « Je fais ce que je veux. » En effet, il ne fera plus que ce qu'il veut. Maître de l'Italie, i! se sent déjà maître de la France. Il parle en maître.

Politique de conquête. — Le Directoire ne sortit pas sans hésiter des principes de la Révolution ; même il éprouva quelques scrupules. Promettre la liberté à des peuples dont il faudra peut-être disposer « en faveur de quelques princes d'Allemagne » pour obtenir la ligne du Rhin, serait « aussi odieux qu'immoral » (lettre du 28 octobre 1796).

Bonaparte ne fit, à aucun moment, entrer dans son jeu le droit des peuples ; demi-Italien, il considère que les Italiens ne sont « nullement faits pour la liberté » (lettre du 27 mai i797)-

C'est ainsi qu'il trafiqua de Venise, organisa la République cisalpine comme une province française, et la Ligurie (Gênes) comme la Cisalpine.

Maisl'Italie n'est quela première étape de son ambition.

Il aurait confessé seulement à Sainte- Hélène « sa prétention à la dictature universelle • » qu'on pourrait croire qu'il a, sur le tard, unifié, pour la beauté de la chose et pour en imposer à l'histoire, sa prodigieuse carrière. Or, il a découvert son dessein dès son proconsulat de Milan, il l'a rêvé tout haut devant ses compagnons d'armes, et peut-être n'y a-t-il rien de plus extraordinaire dans cette fabuleuse existence.

Vues d'Empire. — Ecoutez-le parler:

« Il n'est qu'au début de la carrière qu'il doit parcourir. » Ce n'est pas « pour faire la grandeur des avocats du Directoire qu'il triomphe en Italie ». Il n'y a « d'éléments de républicanisme » ni en Italie ni en France. Il sera le dictateur de la. République.

Il trace les grandes lignes de la constitution de l'Empire. Il annonce le Concordat, la paix avec l'Eglise.

Il a décidé la réunion de l'Italie en un seul royaume gouverné par lui. « La liberté de l'Italie, c'est ma dictature.» — Qu'importe dès lors qu'il abandonne, pour un jour, à l'Autriche Venise et la côte dalmate? — Il a résolu de dissoudre la Confédération germanique, d'étendre le protectorat de la France « aux petits souverains allemands qui s'attachent tantôt à l'Autriche, tantôt à la Prusse ». —

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