‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 394 sur 725 · TRAITE DE C A M PO- FORM I O · texte numérisé non relu

TRAITE DE C A M PO- FORM I O

pinceau et un ébauchoir. L'ambition est plus que son volcan intérieur, c'est sa nature même.

Dès lors, tant de traités qu'il conclura ne sont que des trêves, mais où sa pensée s'accuse avec toujom^s plus de précision. On y voit transparaître, puis éclater, l'idée cïfroliugienne, gibeline, si contraire à la politique capétienne, qui ne s'étend

pendant quinze années ; mais elle en sera l'excuse qui finira par être admise de la France elle-même.

Angleterre, Russie, Prusse, Empire, vont redire à chaque nouveau traité ce que murmurent déjà les plénipotentiaires autrichiens à Udine : «Ce n'est qu'une trêve pleine de prétextes à rupture. »

Campo-Formio. — Les négociations

qu'autant qu'elle peut s'affirmer, et si avec l'Autriche, commencées au prin-

contraire aussi a la politique de la Convention qui a marqué la limite au fleuve et à la montagne, aux seuils du mirage allemand et du mirage italien.

La guerre sans fin. — Cependant l'ambition de Napo'éon, si dérai^onnce qu'elle

soit, ne sera pas seule responsable de la aui. guerre éternelle. Une autre cause est peut-être plus profonde, et c'est que les différents États de la Coalition ne se résigneront, à aucun moment; ni à la victoire de la

Révolution ni aux frontières « constitutionnelles » de la

République.

L'.\ngleterre, surtout, restera

temps de 1797, n'aboutirent qu'à l'automne.

Le Directoire renâcla quelque temps sur la cession de Venise, comme s'il avait pressenti que, du jour où les principes seraient abolis, la dictature serait

portes Bonaparte,

LE TR.^ITE DE C.A.MPO-FOR.MIO L'Autriche reconnaît à la France la frontière du Rhin et renonce à la Belgique et à la Lombardie. (D'après le tableau de Guillon.)

qui tenait à sa paix, parce que s'il en laissait à un autre le mérite, « ce bienfait le placerait plus haut dans l'opinion que toutes ses victoires », menaça de sa d émission.

L'Autriche, dit-il, a reconstitué son armé e, un échec laissera derrière l'armée française en reirréductible contre « le traite « dix millions d'hommes d'un sauvage projet » français de garder la peuple foncièrement hostile par l'habi- Belgique et d'avoir le Rhin poiu: fron- tude des siècles ».

tière. Les Autrichiens (le ministre Thugut,

Les gouvernements vaincus s'incli- l'ambassadeur Cobenzl) réclamèrent, neront sous la crainte d'une pire défaite outre Venise, les légations, Mantoue et le et d'un pire traitement. Mais, toujours, Modénois, et refusèrent de céder sur ils guetteront l'occasion de venger l'humi- Mayence ; Bonaparte déclara que, Si' ils liation de la veille et de ramener la France s'entêtaient dans ces prétentions, il ne lui à ses anciens rois et à ses anciennes faudrait que quelques jours pour aller à limites. Vienne et, brisant rm cabaret de

On peut croire qu'une politique porcelaine, qu'il ferait de même de modérée et prudente, toujours appuyée l'Empire.

d'vme très forte armée, eût, avec le temps. Ce double jeu ayant réussi, le traité

affaibli les haines et les jalousies et fait fut signé à Campo-Formio comme le accepter par l'Europe, comme la figure voulait Bonaparte. L'Autriche eut, en définitive de la France nouvelle, la belle compensation de la Lombardie, tout le architecture de la Gaule romaine. Seule- territoire vénitien, au delà de l'Adige ; la ment la paix, à cette unique et magni- France retenait les lies Ioniennes. Il fut fique condition de la ligne du Rhin, c'est stipulé qu'au prochain Congrès pour la la pai.x de la Convention, ce n'est plus paix de l'Empire, l'empereur reconnaîceUe de Bonaparte. trait à la République la Belgique et la

Son ambition insatiable ne sera pas rive gauche en échange de la Bavière la cause deâ assauts répétés de l'Europe jusqu'à l'Inn (17 octobre 1797).

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