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BATAILLE DES PYRAMIDES

de savants, Monge, Fourier, Berthollet, soleil de juillet, fut rude. Les soldats

Larrey, Gooffrov Saint-Hilaire {10 mai), grognaient. Leur joie fut grande quand

Campagne d'Egypte. — Une telle ils virent le Nil. Les Mamelouks furent

entreprise, le second poème du cycle enfoncés à Chébreiss, puis à Embabeh,

napoléonien, ne se juge pas d'après ses aux bords du glorieux fleuve, d'où l'on

résultats immédiats, maispar toutl'avenir aperçoit les Pyramides. qui en sortira. Bonaparte, galopant devant les rangs

Dans le bassin oriental de la Méditer- des soldats, leur montra les énormes

ranée, la France vit encore sur les Croi- tombeaux des rois Pharaons : « Songez

sades et sur l'expédition d'Egypte. que, du haut de ces pyramides, quarante

Malte et Alexandrie. — En route, on siècles vous contemplent ! » Il donna

mit d'abord la main sur l'île de Malte où leur nom à sa victoire, ce qui sonnait

les chevaliers ne firent qu'un simulacre de résistance.

L'es c a dre anglaisebattait la Méditerranée, cherchant le convoi français, dont la formation n'avait pu être tenue secrète.

Nelson, ne l'ayant pas trouvé devant

Alexandrie, vola vers les Dardanelles. Le surlendemain (ler juillet 1798), Bonaparte débarqua, après une navigation d'un mois et demi, à l'anse du Marabout, et, le jour d'après, occupa Alexandrie.

L'Egypte, aux mains des Ma me louks ,

B.ITAILLE DES PYRAMIDES Bonaparte harangua ses soldats en ces termes ; « Songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent. » (D'après Gros, Versailles.)

autrement qu'Hondsclioote ou Altenkirchen.

P ersonne n'a mieux connu l'esthétique de la guerre ; elle faisait partie de son génie et contribua fort à sa gloire.

Aussi tôt établi au Caire, il procéda à l'organisation de la Basse- Egypte, comme il avait fait pour la Lombardie, tandis que Desaix soumettait la Moyenne et se disposait à remonter vers les Catarac tes.

Les savants fondèrent « l'Institut d'Egypte ».

Bataille d'Aboukir. — Cependant Nel-

était alors une véritable féodalité. Bona- son, après avoir vainement cherché la

parte fit appel aux indigènes contre « la flotte française dans l'Archipel et dans

race impie des beys ». S'adaptant avec la l'Adriatique, apprit qu'elle était dans la

même facilité le style imagé des Arabes rade d'Aboukir. Il s'y porta aussitôt

que le style robuste des Romains, il avec cette promptitude d'audace que les

multiplia les proclamations: «Y a-t-il Anglais ont appelée «l'esprit nelsonien »,

une belle terre? une belle maison? Cela surprit nos vaisseaux à l'ancre et, dans

appartient aux mamelouks. Si l'Egypte un terrible combat de quinze heures, où

est une ferme, qu'ils montrent le bail Brueys fut tué à son banc de quart, les

que Dieu leur en a fait. » détruisit tous, sauf quatre que Villeneuve

Il prescrivit à l'armée de respecter emmena à Malte,

les croyances des musulmans : « Agissez Ce désastre ruinait le merveilleux pro-

avec eux comme nous avons agi avec les jet. Bonaparte comprit et dissimula :

juifs, avec les Italiens. » « Ceci nous obligera à faire de plus

Bataille des Pyramides. — La marche grandes choses que nous n'en voulions

vers le Caire, à travers le désert, sous le faire. » Réponse de Kléber : « Je prépare

r799. — SIÈGE DE SAINT-JEAN D'ACRE.

mes facultés. » Une révolte du Caire fut résista à tous les assauts, fortiftée comme

durement réprimée. elle l'était selon les règles de l'art nou-

L'entreprise d'Egypte qui, dans la veau, ravitaillée par la mer que tenaient

pensée de Bonaparte et de Talleyrand, les Anglais et défendue à outrance par le

devait nous concilier les Turcs, les décida, pacha Djezzar (le Boucher) , le commodore

au contraire, à partir en guerre. Sidney Smith et un ancien camarade de

Expédition de Syrie. — L'expéditi m l^rm.iparte à l'Ecole militaire, l'émigré

de Syrie, sans la flotte pour appuyer sur les côtes h mouvement de l'armée, devenait une gageure. Bonaparte, que les Arabes appelaient le Sultan de feu et qui avait coutume de dire qu' « impossible n'est pas un mot français », risqua le coup avec quatre divisions d'infanterie, une de cavalerie et le régiment des dromadaires

bON APARTE VISIIAN r LES PESTIFERES DE I \rFA PAR GROb

(Musée du Louvre. J

Phélippeaux, qui avait fait échapper récemment le cominodore de la prison du Temple.

La destruction d'une armée turque de secours à la bataille du Mont Thabor,prèsde Nazareth, ne découragea pas la garnison d'Acre. Bonaparte, sans artillerie et sur l'avis qu'une nouvelle insurrection avait éclaté en Egypte, dut lever

qu'il avait créé pour donner la chasse le siège après deux mois «où il avait atta

aux Arabes (février 1799). que à la turque une place défendue par

Les débuts furent heureux. La prise des moyens européens ' » (mai i799)d'El-Arish, de Gaza et de Jaffa (où il fit C'était, cette fois, l'effondrement de

passer tous les prisonniers au fil de l'épée, son rêve oriental. Par la suite, au comble

ne pouvant pas les renvoyer en Egypte, de la fortune, empereur et roi et maître

et où l'armée contracta les germes de la de l'Europe, il ne parla jamais sans

peste), le mena devant Saint- Jean d'Acre, amertume de « cette bicoque », ce « grain

Lancienne Ptolémaïs et la dernière place de sable », cet homme (Smith) 0 qui lui

qui lui baiTât le chemin de la Syrie. avaient fait manquer sa destinée ».

Saint- Jean d'Acre. — Mais Acre i. Selon le mot de Kléber.

liAlAlLLB U'AnOUKlli ItonaiKulc détruit l'Hiiiiée tiiuiiie en face de la rade ofi Nelson n détruit sa flotte.

(D'après l.ejciuu-, Ver-saill,^

SECONDE COALITION. — i?ç8.

Retour en Egypte. — La cruelle Klébei, l'embrassant le soir de la bataille,

retraite de Syrie a été comparée à celle de s'écria : « Vous êtes grand comme le

Russie : « la chaleur et la peste tinrent monde. »

la place du froid et des cosaques ». Sauf Départ de Bonaparte. — Le mois sui-

pour les escadrons d' arrière-garde, Bona- vant, comme il avait recommencé à rêver

parte fit mettre toute la cavalerie à pied des Indes et déjà avait annoncé sa venue

atin de réserver les chevaux au transport au chef de la grande révolte, Tippo-Saïb,

des malades et des blessés. alors aux prises avec Wellesley, — le

L'histoire des pestiférés de Jafïa frère du futur .Wellington, — l'amiral

dont le médecin Desgenettes se serait anglais lui lit parvenir un paquet de

inoculé le virus, pour ranimer la con- journaux de France. Il y apprit les

fiance, et que Bonaparte lui aurait ordonné défaites que la République avait essuyées

d'empoisonner pour qu'ils ne tombent en son absence.

pas vivants aux mains des Turcs, est Son parti fut vite pris. Laissant le

coutrouvée. commandement de l'année à Kléber,

A son retour en Egypte, il lui fallut il s'embarqua avec Berthier, Lannes,Muétoufïer l'insurrection du Delta, puis faire rat, BerthoUet et Monge (27 août 1799). tête à une nouvelle armée turque, débar- Il passa entre les vaisseaux anglais et quée à Aboukir. Il la mit en pièces, arriva le 9 octobre à Fréjus.

LA FI?i DU DIRECTOIRE

/Conquêtes de Van VI (1798). — L'erreur dans chacun des États qui font cettecein- ^ initiale du Directoire dans l'affaire ture de Républiques vassales, pour red'Egypte, ce fut de l'avoir entreprise en commencer Charlemagne. même temps qu'il provoquait l'Europe La Révolution étantàelle-mêmesa relipar de nouvelles conquêtes. gion, l'esprit de prosélytisme d'un grand

C'était faire le jeu de l'Angleterre, nombre de «patriotes» s'expliquait, inquiète pour sa route de ITnde et qui sans en être justifié. Les victoires des cherchait à renouer une coalition. armées républicaines, la conquête de la

Les républiques vassales. — Tal- Belgique et du Rhin, des pompes à la leyrand avait habilement manœuvré à romaine, comme l'entrée triomphale à Rastadt quand, las des demandes excès- Paris des chefs-d'œuvre de l'Italie ' sîves de compensation de l'Autriche, il ramassés par Bonaparte, avaient exalté lui tourna le dos et, contre toutes sortes jusqu'à l'insolence la confiance de la d'indemnités sur la rive droite, obtint de nation dans sa force. la Prusse, des princes allemands et des dé- La conquête « fiscale ». — Pour le Di-

putés de la Diète, la promesse formelle rectoire, il avait besoin delà guerre, afin de la rive gauche (mars 1 798) ; surtout, le de s'affranchir des soldats en les éloignant don libre et joyeux que fit d'elle-même ' et pour remplir ses caisses. la République de Mulhouse ne laissait La réduction de la dette publique à un place à aucune objection (janvier 1798). tiers consolidé, seul payable en argent, les

Mais cette politique se doubla d'une deux autres payables en mandats terriautre, de coups d'État provoqués et de toriaux sans valeur, atteignit gravement conquêtes en pleine paix, qui rappelaient le crédit. Sans les trésors de Berne, de La les pires violences de Louis XIV. Le pape Haye et de Rome, il eût été impossible de fut chassé du Vatican et la République subvenir aux frais de l'expédition en romaine proclamée au Capitole, — parce Egypte et d'alimenter les arsenaux, que la populace avait assassiné le général C'était de la conquête fiscale.

Duphot et bien que Pie VI eût aussitôt Seconde coalition. — Le désastre

adressé des excuses ; — Gênes fut an- naval d' Aboukir, qui donnait à l'Annexée, à cause de son port et de ses ri- gleterre la maîtrise de la Méditerranée ; chesses, et une constitution unitaireimpo- celui de l'expédition d'Irlande où Humsée à la Suisse, accrue du pays des Ciri- bert fut réduit à capituler ; des révoltes sons, — parce que les Vaudois étaient en répétées à Rome, en Lombardie, en Belquerelle avec les aristocrates de Berne ; — gique où la conscription et la persécution la République batave et la République religieuse soulevèrentune chouannericflacisalpine furent <.fructidoriséeS'>, — parce mande ; l'échec de Sieyès à Berlin où le que le gouvernement de La Haye hésitait nouveau roi, Frédéric-Guillaume II, et la à mettre sa flotte, et celui de Milan ses reine Louise repoussèrent les ouvertures troupes à la disposition du Directoire.

n„?àTn^^![r' i'y"''" ^'^P°'^™;.' "'^"F^ I. La TransHsuration de Raphaël, le Laocoon , qu à msf aller ses frères, en qualité de rois, V Apollon an BAvédère.

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