‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 405 sur 725 · P A S S AGE D U S A I X T- B E R N A RD · texte numérisé non relu

P A S S AGE D U S A I X T- B E R N A RD

la sûreté aux personnes comme aux biens, législatif le droit d'appeler la première

Les campagnes et les grandes routes classe tout entière et avoir décrété des

étaient infestées par des pillards, les mesures sévères contre les insoumis, le

♦ chauffeurs », souvent en bandes ; une Premier Consul ne modifia d'abord la

gendarmerie vigoureuse eut vite fait de loi que pour l'adoucir : le tirage au sort

1 s nettoyer.

Du premier jour aussi, la paix fut rendue aux consciences ; l'abolition du serment des prêtres, remplacé par une simple déclaration : Je promets fidélité

exonéra les bons numéros ; le remplacement permit aux conscrits riches de se substituer, à prix d'argent, des suppléants.

Campagne de 1800. — Dès son avèneà la Constitution, la libre jouissance des ment, Bonaparte tit à l'Angleterre et à édifices consacrés au culte, la résurrec- l'Autriche des propositions « pour la tion des cloches furent réglées par décrets, pacification générale». Pitt, puis l'em-

La liste des émigrés fut déclarée close \es radiations se multiplièrent, les proscrits de fructidor furent amnistiés.

Le personnel. — Cependant les meilleures lois ne valent que par l'application, c'est-à-dire par la qualité de ceux qui les ap- ^^ pliquent. I '^S^/.

Dans la nuit du 19 brumaire , Bonaparte a affirmé «qu'il ne veut être l'homme d" aucun parti ».

Il a donc lecruté ses fonctionnaires, sans se préoccuper d'autre chose que de leurs aptitudes et de leurs mérites, dans toutes les classes comme dans tous les partis. Dans un pays o\i le goût desemplois publics est général, cela parut la réalisation même de l'égalité. « La carrière est ouverte au talent. »

Sa propre surveillance, de tous les instants, tiendra tout le monde en haleine, royalistes, après s'être leurrés de l'espoir donnera à la France le meilleur service que Bonaparte se prêterait à la restaupublic qu'elle ait encore eu. ration des Bourbons et, pouvant être

La conscription. — La loi de l'an VI, Washington ou César, consentirait au dite loi de Jourdan, du nom du vainqueur rôle de Monk, avaient à nouveau tenté de de Fleurus qui l'avait rapportée, n'avait soulever la Vendée et la Bretagne avec établi le service militaire universel et le concours des Anglais. L'insurrection fut obligatoire qu'en cas de danger national, vite réprimée.

Hors ce cas extrême, l'armée se forme La menace écartée, le Premier Consul

par des engagements volontaires et par reprit, à sa manière foudroyante, le plan la ♦ conscription » : tous les Français, de de Carnot. Il l'avait rappelé au ministère vingt à vingt-cinq ans, divisés en cinq de la Guerre. Carnot créa en vingt jours classes ; le contingent annuel fixé par le une armée de réserve, destinée en appapouvoir législatif ; les défenseurs conscrits rence à se diviser entre l'Italie et l' Aileappelés pour cinq ans au service en com- magne, mençant par les plus jeunes. Pendant que la petite armée de

Après s'être fait accorder par le Corps Ligurie, avec Masséna, arrêtait le vieux

LE PASSAGE DU SAINT-BERXAUn

Bonaparte avec 40000 hommes franchit les Alpes par les cols du Grand

Saint-Bernard. (Lithographie de Adam, Btéi. Nat., Est.)

pereur, refusèrent L'archiduc Charles, qui avait conseillé d'accepter, renonça par manière de protestation à son commandement.

Comme les pensées de derrière la tête du Premier Consul étaient connues seulement de quelques confidents, il parut plus que

jamais « l'homme de la paix i> ; l'opinion fut unanime à le louer d'avoir, encore une fois, mis de son côté les avantages de la modération.

Il dit dans sa proclama tion aux « jeunes Français » de 1800 : « Si vous êtes jaloux d'être d'une armée destinée à finir la guerre de la Révolution en assurant l'indépendance et la liberté de la grande nation, aux armes ! »

Passage du Saint-Bernard. — Les

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