LA SIGNATURE DU CONCORDAT
Joseph Bonaparte, lïégociateur pour la France, remet à Napoléon le texte du
Concordat. A droite le cardinal Consalvi. Adossé au fauteuil, Portails,
directeur des Aflfaires ecclésiastiques. (Dessin de Gérard, l'ersaiUes.)
surtout dans l'armée, et nombre de
libéraux (avec Mme de Staël) pensèrent que la religion n'était pour Bonaparte qu'un
instrument de règne ; il ne rendait une ex istence politique au clergé que pour en faire « une sorte de gendarmerie sacrée », selon la formule d'un panégyriste du relever l'une
doutable, entre les évêques constitu- Concordat ». Au lieu de
tionnels, qui donnèrent en masse leur après l'autre « toutes les anciennes caria -
démission, et les insermentés, qui la tides du pouvoir », il eût mieux valu
donnèrent tous, à l'exception de quelques établir en France, comme en Amérique,
émigrés. * ^"^"^ parfaite liberté religieuse " ».
Le culte sera public en se conformant L'opposition au Concordat fut si vive
aux règlements de police jugés néces- dans les assemblées que Bonaparte n'en
saires «pourlemaintiendelatranquillité». put obtenir le vote du Tribunat et du
Pie VIT eût voulu que la religion Corps législatif qu'après les avoir « épn-
catholique fût déclarée religion d'État, rés ». Il fit désigner par le Sénat, au lieu
Bonaparte s'y refusa, accepta toutefois de laisser tirer au sort, les noms des
de reconnaître, dans le préambule, « que « renouvelables » de l'an X ; Chénier,
la religion catholique était celle de la Daunou et Benjamin Constant, qui
majorité des Français». avaient manifesté d'un esprit indépen-
Promulgatlon du Concordat. — Tel dant, furent ainsi éliminés, fut cet acte célèbre, à la fois religieux et Encore fallut-il encadrer le traité
politique.
Il fut reçu comme une victoire par les catholiques ; la restauration solennelle du culte, avec ses cloches et ses pompes.
dans une loi générale sur l'organisation