‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 414 sur 725 · CONSULAT A VIE. — 1S · texte numérisé non relu

CONSULAT A VIE. — 1S

àv^ cultes, catholiques ou protestants.

Rouie protesta contre ces articles orga^ niijues qu'elle n'avait pas connus.

La cérémonie de Notre-Dame. — ' Le Concordat fut inauguré à Notre- Dame avec une ponipe toute royale (avril 1802). Le cardinal Caprara, légat du pape, officia à la messe ; l'orateur tut l'archevèquo d'Aix, qui avait prononcé le sermon au sacre de Louis XV'L

Comme Bonaparte, après la cérémonie, interrogeait les généraux sur la cérémonie, Delmas lui répondit : « C'était une belle capucinade ; il n'y manquait que le million d'hommes qui ont été tués pour détruire ce que vous rétablissez. »

Il en était resté au temps où Bonaparte écrivait, dans une de ses lettres d'amour à Joséphine, qu'il ne croyait pas à l'immortalité de l'âme et unissait dans un même mépris " les prêtres, les astrologuf's et les charlatans ».

CoBSulat à vie. — Bonaparte, installé aux Tuileries, entouré d'une cour brillante, devenu en deux ans la seule institution de la République, marchait non pas au rétablissement delà monarchie, niais vers l'expérience française de l'Empire à la romaine.

La prolongation de ses pouvoirs pour dix ans que le Sénat lui décerna, au lendemain de la paix d'Amiens, fut transformée par le plébiscite du 2 août en Cxmsulat à vie, avec le droit pour Bonaparte de désigner son successeur.

La Constitution ayant été remaniée par la même occasion (droit pour le Sénat de régler tout ce qui n'était pas prévu par les lois organiques, de dissoudre le Corps législatif et le Tribunat, de supprimer le jury ; remplacement des listes de notabilités par des collèges électoraux à vie), l'Empire était fait et il n'en manquait plus au maître absolu de la République que le titre.

Comme le vice d'un tel régime était au plus profond, il n'apparut que plus tard ; sur 4 millions et demi de suffrages, quelques milliers seulement votèrent non. Mais cette minorité elle-même de citoyens courageux et clairvoyants ne pouvait se défendre d'admirer avec quelle pénétrante intelligence de son temps et des hommes l'omnipotent Consul organisait la France.

Créations du Consulat. — Ces quatre années de gouvernement consulaire sont restées, avec les dix années du gouvernement de Henri IV, la partie la plus lumineuse de notre histoire.

Comme le Béarnais, il s'efforça de réconcilier les Français ; il abrogea les

décrets contre les émigrés, restitua aux rentrants les biens qui n'avaient pas enc^ire été vendus, leur rouvrit les services publics. Cette main puissante et réparatrice modela la l'rance nouvelle dans les traits essentiels qu'elle a conservés.

Il n'est pas juste de dire, comme il le répète, que <t les nations modernes ne se soucient que de la propriété», mais il est vrai que leur premier besoin, c'en est la jouissance paisible. Sa politique, «c'est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut l'être », et il n'y a peut-être pas un autre souverain qui puisse revendiquer l'honneur d'un aussi grand nombre de lois et de créations durables.

Les Codes. — C'est le temps où, dans son Conseil d'Etat, l'une des assemblées les plus savantes et les plus judicieuses qui fût jamais, Bonaparte préside et souvent intervient aux débats de l'œuvre collective, ordonnée par la Constituante, en partie réalisée par la Convention, qui sera le Code civil, et que compléteront bientôt le Code pénal, le Code de procédure, le Code d'instruction criminelle, le Code de commerce.

L'honneur de cette oeuvre aux sources multiples (droit romain, droit coutumier, ordonnances royales, décrets révolutionnaires) et qui a servi de modèle à toutes les législations du monde moderne, appartient pour la plus grande partie à ses collaborateurs : Tronchet, l'un des avocats de Louis XVI, Merlin de Douai, Real, Beiiier, conventionnels, Bigot de Préameneu, royaliste, Portalis, déporté de fructidor ; mais ces collaborateurs, il les a choisis avec une singulière liberté d'esprit ; à chaque article, il leur a posé les deux questions directrices : « Est-ce juste? Est-ce utile? »

L'Université. — Les fondations de l'Eglise d'éducation, du puissant monopole qui sera l'Université napoléonienne — instituée en 1808 — et dont les classifications subsistent encore, furent posées sous le Consulat.

Le plan du chimiste Fourcroy, d'après les directives de Bonaparte, pèche par la base. Le décret de Lakanal sur la gratuité de l'enseignement primaire reste lettre morte. Les communes entretiendront comme elles pourront les écoles du peuple. Point « de maisons d'institution pour les maîtres », comme en Allemagne. Et la raison alléguée: la dépense, ne vaut pas. La vérité, c'est que le Consul ne se soucie que de l'enseignement secondaire et du supérieur.

Là, il donne à pleines mains, pour

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