CAPITULATION D' U L M
peut plus se battre aujourd'hui raisonnablement que pour l'empire de Constantiiiople ».
On a dit que l'expédition d'Angleterre ne fut qu'une feinte ; « quelque mille lettres de l'empereur et de ses ministres ' » démentent l'hypothèse. Toutefois la nouvelle guerre continentale le tira de la situation embarrassée où le mettait l'échec de «l'immense projet».
Accoutumé, comme il disait, à faire « son thème en deux façons », il s'était préparé à lever ses camps de l'Océan et à entrer en Allemagne.
Les articles secrets de la coalition stipulaient, comme des bases de négociations, le recul de la France à la Moselle, Anvers à la. Hollande, la Savoie à la Suisse, le royaume d'Italie pour Joseph Bonaparte.
Campagne de 1805. — On l'a déjà, vu exceller à faire jouer ce ressort secret de la victoire qui est la surprise. Sa stratégie préférée, c'est de surgir soudain au point où on l'attend le moins.
Cette fois, comme la principale armée des Autrichiens va certainement l'attendre au classique débouché de la Forêt Noire, c'est sur leurs derrières qu'il va paraître, dans la haute vallée du Danube, pour les y envelopper avant l'arrivée des I Russes.
Bien qu'un tel plan ne s'improvise i pas, c'est un fait qu'il en dicta les grandes lignes à Daru dès qu'il eut fini d'exhaler devant lui sa colère contre Villeneuve.
Il en exposa ensuite les conditions politiques à Talleyrand : « 11 s'agit de se trouver dans le cœur de l'Allemagne avec 300 000 hommes sans qu'elle s'en doute. »
L'Allemagne, et non pas seulement celle du Rhin, n'était nullement hostile alors aux Français ; elle leur savait gré de la sécularisation des états ecclésiastiques, qui l'éloignait de son moyen âge prolongé et la rapprochait de l'unité. La Prusse se réservait, dans l'incertitude où elle était du sort des armes. Les Etats du Sud, gagnés par des promesses de couronnes, de mariages dans la famille Bonaparte et d'agrandissements aux dépens de l'Autriche, signèrent des conventions militaires.
La Grande Armée. — Si beau que soit un plan, il ne vaut (c'est encore un précepte de Napoléon) que par l'exécution.
Il avait en mains un instrument sans pareil dans l'histoire.
lia dit de l'armée de 1805 : « C'est la plus solide que j'aie jamais eue.... Depuis ce temps-là, mes armes ont été en décrois-