‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 432 sur 725 · I. Thiers · texte numérisé non relu

I. Thiers

sant de qualités, quoique j'eusse encore de bonnes troupes à léna.... A Friedland, l'armée n'était pas si bonne qu'à léna ; il y avait déjà beaucoup de nouveaux soldats. »

Le noyau de la Grande Armée, c'est l'élite des survivants de Tan II, aguerris par dix ans de batailles et pleins encore de l'âme de la Révolution. Le soldat couronné qui était sorti de leurs rangs, le Petit Caporal, c'était toujours leur général d'Italie.

Il n'y avait rien qu'on ne pût demander à une telle armée. Elle accueillit avec joie l'annonce de nouvelles victoires.

La manœuvre d'Ulm. — Pendant que Napoléon, habile à son ordinaire à faire circuler toutes sortes de faux bruits, s'attardait à Boulogne, comme s'il était hypnotisé par les falaises anglaises, puis à Strasbourg, les armées de Hollande et de Hanovre se mirent en marche à la rencontre de celles qui venaient à grandes enjambées de l'Océan et qui, en vingt jours, furent au Rhin et au Mein (septembre 1805).

Comme Marmont et Bemadotte, en traversant la Franconie , avaient emprunté le territoire d'Anspach, cette violation de la neutralité prussienne fut vivement relevée à Berlin par le parti de la guerre.

Napoléon, de son propre aveu, aurait été fort embarrassé d'une attaque des Prussiens sur son flanc. Ses explications étaient à peine arrivées à Berlin qu'on y reçut la nouvelle que l'empereur avait tourné l'armée autrichienne et qu'il investissait Ulm.

Il venait, en effet, de renouveler la manœuvre de Marengo et, tandis que Mack continuait à regarder vers la Forêt- Noire, de jeter sur le Danube, fort au delà d'Ulm, six corps d'armée et toute la cavalerie de Murât.

Capitulation d'Ulm. — Augsbourg et Munich furent occupés après le brillant combat de Wertingen. Puis, Ney,à l'Est, poussant, au pas de course, par les deux rives du Danube, de l'aval à l'amont, et enfonçant les Autrichiens à chaque rencontre (Gunsbourg, Elchingen) ; Soult, au Sud, remontant la vallée de l'IUer et coupant la dernière route de retraite vers le Tyrol, et Murât et Marmont entre eux, achevèrent l'enveloppement du général Mack. Il fut contraint de capituler, le quatrième jour de la campagne, avec plus de 30 000 hommes.

Le total du butin, depuis l'arrivée de Napoléon sur le Danube, était de 60 000 prisonniers, 200 canons et 80 drapeaux (30 octobre).

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