I. TiiiERs, t. VI, p
tion : elle assure aux An^lîïis la maîtrise des mers.
(Par Meyer, Ministire de la Marine.)
contre, d'ouvrir lui-même à l'Autriche, en échange de ses possessions d'Italie et d'Allemagne, la vallée danubienne jusqu'à la m«r Noire et la péninsule des Balkans, où elle barrerait à la Russie le chemin de Constantinople.
Si Napoléon commençait à se méfier de la Pnisse, il s'obstinait encore dans la vieille haine classique contre l'Autriche. Surtout, alors que le plus dangereux de ses ennemis du continent était l'empereur Alexandre — parce que le jeune souverain aspire, kii aussi, à dominer riuirope et qiie, Slave dans les moelles, il échappera toujoui-s par un mélange, impossible à démêler, de chevalerie et de ruse, — Napoléon ne pensait toujours qu'à partager l'Orient avec les Russes.
Il leur proposait la Valachie qu'il refusait à l'Autriche.
Ces avances n'avaient pas été reçues
AUSTERLITZ. — iSofj.
AuKXANfiRt l" (D après Géo Dawe
de ne voir qu'un incident. Avant d'aller rejoindre ses années de Moravie, il courut à
sans ironie par Alexan- — le projet de recommencer à son tour dre. Il s'efforçait, depuis la manœuvre de Marengo. un an, d'entraîner la La gauche de Napoléon s'appuyait
Prusse dans la troisième à de hautes collines boisées, au-dessus de coalition. Il y insista de la route d'Ohniitz, position à peu près nouveau après le désastre imprenable; par contre, sa droite, qu'il de Mack où il feignit avait délibérément affaiblie, ne joignait pas exactement les étangs de Satschen qui longent la route de V'ienne. Les Austro-Russes seront tentés de descendre du plateau de Pratzcn pour tourner, Potsdam, lia partie avec au delà du ruisseau de Goldbach, sa la reine Louise, belle droite, le couper de la route de Vienne et personne exaltée qui rêvait d'un rôle le rejeter dans les forêts de Bohême, héroïque, et avec l'ambassadeur d'Au- Alors Napoléon s'élancera sur le plateau triche, Metternich. Finalement, il décida dégarni et il coupera en deux l'armée le roi à offrir à Napoléon sa médiation, ennemie, la rejetant d'une part dans sous forme d'ultimatum et, en attendant la plaine vers la route d'Olmiitz, de la réponse, à mettre sur le pied de guerre l'autre dans les étangs.
iSo ooo hommes. .^^.^ « Le soleil d'Au-
Austerlitz. — sterlitz », quand il
Cependant Napo- eut dissipé les
De Pohrlitz, le batailm. i.ai -,jri;Ln/ formidables : les
20 novembre, il fît A cheval, devant son état-njai..r, Napokun rei;oit d im RuSSCS marcheront
ordonner car le ma- officier les nouvelles de la bata.iie qui se déroule suivant «q^j. tourner ma
Uiuuiiuci pdi ic ma ses Prévisions. {Par Gérard, I ersaïUes.) K -^ ■,
jor-général Berthier droite ; Us me pre-
à Soult « de se rendre à Austerlitz » ». senteront le flanc » {A Varlnée, 10 frimaire
Douze jours plus tard, après d'inu- an XIV, 1^^ décembre 1805).
tiles conversations avec les Autrichiens, Pendant que Davout, avec la division
les Russes et l'envoyé prussien Haugwitz, Priant, soutenait sur le Goldbach un
l'empereur, pour le premier anniversaire combat acharné contre des forces cinq
de son couronnement, livra sa plus belle fois supérieures, et que Murât et Lannes,
bataille sur le terrain qu'il avait reconnu à gauche, mettaient en déroute l'immense
d'un trait de génie. Les armées alliées cavalerie ennemie et l'infanterie de
ayant enfin opéré leur jonction, il les Bagration, Soult, au centre, se précipita
avait amenées, en reculant lui-même à l'assaut du plateau et s'en rendit
de quelques kilomètres, jusqu'à une très maître, malgré la belle résistance d'une
forte position, en avant de la citadelle brigade russe. La garde d'Alexandre
de Brunn, à l'angle que font les routes essaya en vain de le reprendre. Napoléon,
de Viame et d'Olmiitz. arrivant alors sur les pentes du plateau
L'empereur François et l'empereur vers les étangs, y fit tirer à boulets
Alexandre s'installèrent au château d'Aus- rouges.
terlitz, en arrière du plateau de Pratzen qui domine la région marécageuse et boisée.
Leur général Weirother, chef d'étatmajor du vieux Kutusof, forma — ou
La glace, déjà rompue sous le poids des combattants, se brisa partout et plus de 2 000 Russes périrent engloutis.
Les deux empereurs assistèrent au
pour mieux dire. Napoléon lui-même désastre — 30 000 prisonniers, 40 dralui avait suggéré par le choix du terrain peaux, 120 canons — et prirent la fuite
au milieu d'une horrible déroute (2 dé- I. Correspondance, n» 9512. cembre 1805).