‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 438 sur 725 · QUATRIÈME COALITION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME COALITION

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l'eussent fort engagée dans la voie de la simplification, elle eût accepté volontiers le régime français, si Napoléon s'était seulement pénétré de cette vérité (la crainte de Fichte) qu' « on s'habitue à l'esclavage, pourvu que les intérêts soient sauvegardés ».

Par l'abolition des anciennes redevances féodales et des corvées, l'affranchissement des paysans, le libre exercice du culte, par l'introduction du Code civil et par l'ouverture de belles routes, les transrhénans, « échappés, comme dit Gœthe, à l'empire germanique », devinrent, eux aussi, des bénéficiaires de la Révolution.

Le mot de l'historien Jean de Muller a été souvent cité: «Je m'applaudis de voir que tout ce qui est vieux, rouillé, insoutenable, périt, et périt par la P'rance.»

Mais alors que Napoléon eût pu être ainsi le « bon tyran », il fut, de parti pris, le César brutal et implacable, faussa ou dénatura ses propres lois, rendit plus écrasants les impôts plus équitables qu'il avait établis, réquisitionna les Allemands pour toutes ses guerres, disant au chancelier Dalberg « qu'il ne voulait de la Fédération que des hommes et de l'argent », n'eut pas plus de ménagement pour ses soldats d'outre- Rhin que pour ses chevaux, compta leur million de morts pour rien ', et, si prompt à la servitude que fût ce peuple, le traita trop cjuvertement comme un corps sans âme.

« Je ne suis pas sûi;, dit l'historien anglais Carlyle, l'un de ses passionnés admirateurs, qu'il n'eût pas mieux valu pour lui voir son meilleur régiment noyé dans la mer que de fusiller ce pauvre libraire Palm (pour avoir imprimé une brochure de Gentz : Le profond abaissement de V Allemagne). Ce meurtre pénétra profondément, comme un fer brûlant, dans le cœur des hommes. »

Il va créer le patriotisme allemand et, pire encore, le rejeter vers la Prusse.

Le ministère de Fox- — La mort du plus redoutable de ses ennemis, William Pitt, frappé au cœur par la nouvelle d'Austcrlitz, l'arrivée de F'ox aux affaires et les inquiétudes du tsar pour l'Orient ouvrirent pendant quelque temps des perspectives de paix générale.

Napoléon, à qui le Sénat avait décerné le titre de grand, n'a plus rien de raisonnable à désirer. A l'apogée de la gloire, il est le maître de l'FAirope centrale. La « grande armée » est à l'apogée de sa force.

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