‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 440 sur 725 · Thiers · texte numérisé non relu

Thiers

lÈNA ET AUE R S T M D T.

lëob.

La quatrième coalition comprit l'An- rcncotitrèreiit à Weimar, elles n'étaient

?leterre. la Prusse, la Saxe, la Suède et plus cjue des troupeaux. Un « dèliio de

la Russie. terreur » s'empara de ces soldats qui

léna. — CPtte nouvelle guerre, qui s'étaient pourtant battus avôc bravoiire.

dura près de dix mois (octobre i8o6-fin Jetant leurs fusils et leurs sacs, abnn-

juiu 1807), comprit de\lx campagnes: donnant leurs canons, ils s'enfuirent dans

la campagne de Saxe et celle de Pologne, toutes les directions à travers les plaines

l'une très dure, l'autre foudroyante. et les bois. Murât, Soult et Ney, lancés à

Le roi de Prusse, avec le duc de leur poursuite, les firent prisonniers par

Brunswick et le prince de Hohenlohe, tas. En trente-neuf jours, 140 000 officiers

était entré feu Saxe et avait allongé ses et soldats se rendirent, livrèrent 250 dra-

armées, dans le nord de la forêt de Thn- peaux. « L'honneur avait fui loin de

rînge, entre Gotha et léna. L'empereur nous -. «

massa « Soil bataillon carré de 200 000 Avant la mi-novembre, toutes les

hommes •> sur la lisière sud de la fotêt et sur le Mein.

Corùme les Prussiens, après avoir renoricé à prendre l'offensive, l'attendaient sur leur droite par la grande route centrale de l'Allemagne (Francfort-Leipzig), il apparut tout à coup sur leur gauche, dans la Vallée de la Saale, au sortir des défilés du Frankenwald, culbutant du premier coup le prince Louis et menaçant de les couper de leur base d'opération sur l'Elbe.

Brunswick, ayant reconnu trop tard là manceuvre, fut à peine en retraite que Fempereur fut sur lui pour le contraindre à subir une double bataille à front retiVersé, sur son flanc à léna et sur ses derrières à Auerstaedt (14 octobre).

Napoléon gagna en personne la bataille d' léna sur le

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places fortes, Magdebourg, Spandau, Custrin, Stettin capitulèrent.

Napoléon à Berlin. — LTn mois après son entrée en campagne, l'armée prussienne était anéantie ; dix jours après Auersta dt, Davout entra à Berlin (25 octobre) pendant que Napoléon s'arrêtait à Potsdam. Il se rendit au tombeau de Frédéric et envoya aux Invalides l'épée du grand roi, comme s'il l'avait vaincu après sa mort.

En route, il ordonna d'abattre la colonne de Rossbach;

Il fit ensuite une entrée triomphale à Berlin, entouré de sa garde. Comme dira un poète allemand ' : « Il n'avait eu qu'à siffler et la Prusse n'existait plus. »

Le roi s'était enfui sur la

GRENADlEk DE L.\ GARDE est coiffé du fameux bonnet à poil.

prince de Hohenlohe, qui se (Daprès chariet, //«:?/•< </« Vistule d'où il demanda humcroyait en sûreté, à mi-route de t^r,»/e,ci. Hackmt.) i^iej^ent la paix. Napoléon,

Weimar, (stotêgé par les escarpements après avoir longtemps partagé les

de Landgrafenberg. Or, ce fut de là que erreurs du parti anti-autrichien sur la

Napoléon déboucha dans le brouillard. Prusse, avait décidé que « c'était une

Quand lés tirailleurs de Ney eurent mauvaise nation » et « qu'il la .fallait

décimé les épaisses phalanges frédéri- détruire pour servir de garantie au rtejJOs

ciennes, les escadrons de INIurat n'eurent de la France ».

qii'à paraître pour qu'il ne restât plus Ainsi qu'il venait de faire pour l'élecde l'orgueilleuse année, mais qui s'était teur de Hesse-Cassel et le duc de Brunsendormie sur les lauriers de la guerre wick, il eût pu décréter qlië la maison des de Sept ans, ♦ qu'un ouragan de fuyards * ». Hoheilzollem avait cessé de régner. Cela

Auerstaedt. — Davout, dans la même eût mieux valu que de remplir ses glorieux

journée, avait arrêté le roi de Prusse et bulletins d'injures à la reine Louise.

Brunswick à Auersta dt, devant le prin- Il s'était déjà fait dire par Talleyrand

cipal débouché de la Saale. Le vieux que « le goût était son ennemi personnel »,

vamcu de Valmy aurait eu le sort de Mark et il allait donner lui-même à la mère du

si Bemadotte était accouru au canon. Il futur empereur Guillaume l'auréole d'une

chargea à la tête de ses grenadiers et fut sainte de la patrie prussienne,

mortellement blessé. Le blocus continental. — Pat toute

Quand les deux armées en déroute se

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