‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 441 sur 725 · I. Vos DER GoLTZ, léna, p. 34. 3. Henri Heine · texte numérisé non relu

I. Vos DER GoLTZ, léna, p. 34. 3. Henri Heine

iSo6. — LE DECRET DE BERLIN.

TEurope, même chez des ennemis achar- et que, de l'expédition d'Angleterre, ii ne

nés de la France et de l'empereur, TeSon- reste plus, là où fut le camp de Boulogne,

drement de la Prusse lit plaisir. Depuis qu'une colonne sur le sable. C'est le décret

Frédéric, elle s'était montrée trop arro- de Berlin qui va le mener à Tilsitt, à

gante ; depuis le grand électeur, son Madrid et à Moscou. histoire était ime longue suite de tra- Campagne de Pologne. — Les Russes

hisons. avaient laissé écraser les Prussiens

Cependant Napoléon, si implacable en 1806, comme les Autrichiens en 1805.

qu'il se montrât en paroles, restait moins Malgré la mauvaise saison. Napoléon

irrité contre la Prusse que contre l'Angle- décida d'aller les chercher sur la Mstule :

terre ; c'était l'Angleterre qu'il accusait d'avoir « conduit la Prusse à la ruine 0. 11 data de Berlin la redoutable mesure que le Comité de l'an III avait déjà préconisée : « Exclure l'Angleterre du

continent, lui fermer les ports, tous les débouchés, depuis Gibraltar jusqu'au Texel. »

Lui-même, avant la rupture de la paix d'Amiens, il avait menacé l'Angleterre de répondre au blocus des mers par le blocus du continent et de <s l'emprisonner sur l'Océan. »

Le décret de Berlin. — Il rédigea à la romaine, d'un style lapidaire, le décret du 22 novembre : « Les Iles Britanniques sont déclarées en blocus; tout commerce et

« Nous leur épargnerons la moitié du chemin ; eux et nous, ne sommes-nous pas les soldats d'Austerlitz ! »

Davout, dès le 4 novembre, occupa Posen ; l'empereur entra le 15 décembre à Varsovie sous des arcs de triomphe. , La Pologne frémissante attendit de lui le mot qui la rappellerait à la vie nationale, réparerait le crime du xviii* siècle finissant, qui pesait sur toute la politique européenne.

Czartoryski, dans le même temps, pressait Alexandre de restaurer la Pologne. Napoléon et Alexandre hésitèrent l'un et l'autre devant ce grand acte qui eût fait pencher la balance, et crurent habile de donner seulement

toute correspon- ^ ^ cha^.^l k u>. l.a garde des espérances

j , j. Garde personnelle de NapoK-on qui portait le plus souvent », ,.

dance avec les Iles Britanniques sont interdits. »

la petite tenue de colonel des chasseurs.

(Musét de lArmte. Ci. Hachette.)

Napoléon eut l'illusion de finir la campagne en huit

Aux misères et aux souffrances qui jours ' ; les Russes Qe furent que battus

allaient être la conséquence du décret, à Pultusk. Selon un^ méthode renouvelée

il expliqua d'avance qu'il n'agissait des Parthes, ils se dérobèrent par une

qu'en représailles : « L'Angleterre, en prompte retraite, protégés par un subit

saisissant les bâtiments de commerce et dégel.

en déclarant bloquées des villes et des L'empereur dit « qu'il avait découvert côtes entières devant lesquelles elle n'a en Pologne un cinquième élément qui pas un bâtiment, a violé le droit des gens était la boue » et prit ses quartiers d'hi\-er tel qu'il est suivi par tous les peuples à Varsovie, pendant que Lefebvremettait civilisés. » Mais la pensée profonde du le siège devant Dantzig. blocus est dans la maxime que, désor- Ayant obtenu du sultan qu'il déclamais, il ne se lassera pas de répéter : rât la guerre à la Russie, il envoya des <• Conquérir la mer par la puissance de missions au Caucase et en Perse, pour terre ». susciter une diversion sur la Caspienne

Le blocus continental, c'est encore une et insurger les Afghans contre les conséquence directe de Trafalgar. S'il en

a repris l'idée dans les archives de la i. Lettre à Clarke, ministre de la Guerre

Convention, c'est qu'il n'a plus de flotte (18 décembre 1806).

EYLAU, FKIEDLA XI), flLSITT.

Anglais. A i 000 kilomètres du Rhin, défensive, après la chute de Dantzig

séparé de la France par toute l'Aile- (24 mai 1807).

mague, il se voyait déjà sur l' Indus. Alors que l'empereur ne se préoc-

Eylau. — L'atroce bataille d'Eylau cupait encore que d'enlever Kœnigsberg,

(S février 1807), pendant un retour de Beuningsen crut surprendre Ney, en

l'hiver, le ramena à la réalité. Alors qu'il effet fort aventuré, et amena sur lui

s'était flatté de rejeter les Russes au delà du Niémen, ils étaient revenus sur lui avec de grandes forces. Leurs escadrons chargèrent sur la neige jusqu'aux abords du cimetière où il se tenait sous un arbre. Il appela Murât : « Nous laisserastu dévorer par ces gens-là? » Murât s'élança à la tête de 80 escadrons, sauva la journée. Napoléon garda le champ de bataille, mais couvert de 30 000 tués et blessés des deux armées.

Ney luimême s'émut : « Quel massacre et sans résultat ! »

Napoléon, pour la première fois, ne parut pas invincible. A des avances qu'il lui fit par le grand -

maréchal Bertrand, le roi de Prusse, à qui il ne restait plus que Kœnigsberg, refusa de traiter.

L'Autriche se remit à armer. Devant la Anglais, ils ne mirent menace d'une flotte anglaise aux Darda- douze jours à signer à Tilsitt un traité nelles, la Turquie, sansl'énergiquepression d'alliance (25 juin-7 juillet 1807). de l'ambassadeur Sébastian!, eût lâché. Le roi et la reine de Prusse furent

La grande armée commençait à murmurer, appelés à Tilsitt. Il n'y avait pas un an

Friediand. — Deux hommes mesu- qu'ils avaient échangé à Potsdam, au rèrent exactement la situation critique pied du tombeau de Frédéric, de grands de Napoléon : lui-même et Benningsen. serments avec Alexandre. Napoléon

Le général russe proposa au tsar un refusa Magdebourg aux prières de la système de temporisations, de reculs reine, mais accorda la Silésie aux insméthodiques : « Limer Bonaparte ». Na- tances du tsar.

poléon revint à sa vieille idée de l'ai- La Prusse fut réduite de 10 à 5 millions

liance russe. Il a fait dire inutilement au d'habitants, refoulée sur la Baltique, roi de Prusse que «depuis qa'il connaît dépouillée de tout ce que les Hohenzolleni la Pologne, il n'y attache plus aucun avaient acquis (sauf la Silésie) depuis prix 1 ». Il ne le dira pas en vain à deux siècles : provinces allemandes à Alexandre. Mais, pour cela, il faut gauche de l'Elbe et provinces polonaises d'abord le battre. sur la Vistule.

Ce fut Benningsen, au retour de la L'alliance russe. — Alexandre recon-

belle saison, qui lui en donna l'occasion nut toutes les « réunions » de l'Empire, pour n'avoir pas su persister dans la

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