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LE BLOCUS CONTINENTAL

LA France éblouie par tant de gloire, eut, de nouveau, l'illusion que la paix générale était proche. Pour la gloire et pour la paix, elle se fût résignée aux excès, qui allaient croissants, du despotisme.

Sa déception fut vive quand elle reconnut que le blocus, — ■ le décret de Berlin complété par celui de Milan, — cétait la gêne commerciale, sinon la misère (malgré les industries nouvelles, comme celle de la betterave pour en tirer le sucre qui ne venait plus des colonies), et la guerre sans fin.

Vers cet apogée de l'Empire, la popularité de l'empereur commence à décliner.

Au physique, il semble que du général Bonaparte, hâve et brûlant, il ne reste plus rien chez Napoléon, César engraissé, pour qui la guerre est comme une cure de santé, toujours infatigable, — il faisait à cheval jusqu'à trente lieues par jour dans les boues et les neiges de Pologne, — mais, sous l'énorme front chauve, «le teint plombé * », le regard dur et fixe.

Au moral, c'est pire. Le corps de l'Europe à ses pieds, il ne connaît plus de règle, ni politique ni morale, se croit toutpermis, comme àun dieu de l'Olympe, n'accepte plus de conseils, s'entoure de créatures qui le trompent, et s'exaspère contre toute résistance.

Son génie militaire reste le même, mais, si éclatantes que seront encore ses victoires, il ne sera plus qu'en apparence le maître des événements. Le blocus anglais l'a c^jndamué au blocus continental ; le système va coaliser contre lui les intérêts matériels avec les rivalités politiques et, bientôt, pour des fautes dont il conviendra trop tard, les peuples

1. Constituée avec l'électoral de Hesse, le rtuchc <k- Brunswick, des parties du Hanovre, la vieille marche prussieiine et Magd«bourg.

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