‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 445 sur 725 · IT · texte numérisé non relu

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» S'il prend Ruine, nous nous réfugierons aux Catacombes ' ».

Le pape n'ayant pas consenti à fermer ses Etats au commerce anglais et à entrer V dans une ligue offensive et défensive avec les royaumes d'Italie et de Naples », Napoléon fit occuper Rome par le général MioUis et séquestra le pontife au Quirinal (février-avril iSo8).

Il annonça son intention, non seulement d'en finir avec le pouvoir temporel, mais, « le pape étant le chef de la religion de son pays, de s'assurer de la direction spirituelle " »• ^

Affaires d'Espagne. — Comme si ce n'en était pas assez, en si peu de temps, de tant de violences. Napoléon engagea enfin l'affaire d'Espagne, le même jour où il portait la main sur le pape. L'auteur de la paix religieuse acheva ainsi de s'aliéner le monde catholique.

Il n'y avait certainement pas de plus misérable gouvernement au monde que celui de Madrid : le vieux Charles IV, décrépit, la reme Marie-Louise toujours dominée et « battue » par le ministre Godoï, l'héritier Ferdinand, hypocrite et lâche, le fils conspirant contre le père et la mère déclarant son fils bâtard et incapable de régner.

Cependant il ne fallait rien connaître du pays de Don Quichotte et du Cid pour croire que, si affreux que fussent ces Bourbons dégénérés, la fierté castillane se résignerait à ce que Napoléon leur substituât, ainsi qu'il avait fait pour Naples et pour la Hesse, un membre de sa famille et disposât de l'Espagne comme d'un bien meuble. Or, il y pensait depuis un an, et son dessein était devenu apparent depuis que, sous prétexte de renforcer l'occupation du Portugal ou de mettre le siège devant Gibraltar, près de 100 000 hommes de troupes avaient passé les Pyrénées, s'installaient daas les places du Nord et se rapprochaient à petit bruit de Madrid.

L'ambition de « régénérer » un noble pays ne fut certainement pas étrangère à Napoléon ; « de nombreux bienfaits, dira-t-il à Sainte-Hélène, remplissaient mon intention » ; et, sans doute, l'Espagne aurait gagné à un changement de dynastie. Comme l'Allemagne et comme l'Italie, elle en aurait reçu des lois meilleures, plus conformes à l'esprit du siècle. Seulement, l'indépendance restait le premier des biens pour les libéraux, d'ailleurs peu nombreux, comme pour tous les autres.

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