‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 446 sur 725 · A AJquier et à Câulaincourt · texte numérisé non relu

A AJquier et à Câulaincourt

Le gros de la nation, profondément catholique, mené par les prêtres et les moines, voyait dans la Révolution unv œuvre de l'enfer; l'empereur était un suppôt de Satan et les Irançais des hérétiques. « On gagne le ciel en tuant l'un de ces chiens ^. »

Guet-apens de Bayonne. — La marche de Murât sur Madrid précipita l'explosion populaire.

Napoléon s'était flatté que la maison royale, à l'exemple de la maison de Bragauce, se retirerait devant l'invasion débordante. Le bruit se répandit que le roi allait fuir au Mexique. Une émeute éclata à Aranjuez et contraignit Charles IV à abdiquer en faveur de l'infant.

Napoléon, se posant alors en arbitre entre le père, qui était revenu sur son abdication, et le fils, qui continuait à se dire roi, les attira tous deux à Bayonne. Après une scène de fcui^ille atroce, il obligea le fils à restituer la couronne et le père à s'en démettre en sa faveur. Il les interna ensuite tous deux dans des châteaux de Touraine et de Navarre, qu'il leur avait cédés en échange de l'Espagne et des Indes.

Entre temps, Madrid s'était révoltée, l'insurrection du dos de Mayos (2 mai), bien que durement réprimée par Murât, fut le signal du soulèvement général, depuis les Asturies jusqu'à l'Andalousie.

Joseph Bonaparte. — Un simulacre d'assemblée des Cortês (députés), sur le refus du Conseil de Castille, et un lot de hauts fonctionnaires, de grands seigiieurs et de gens de cour, réunis en hâte à Bayonne, ratifièrent le décret par lequel Napoléon proclama lui-même son frère Joseph afixL « d'assurer le bonheur de l'Espagne » (6-7 juin).

Joseph quitta à regret, sur un ordre formel de l'empereur, son trône de Naples où il fut remplacé par Murât, passé enfin roi, mais qui avait cru travailler pour lui-même à Madrid.

Ferdinand écrivit à Joseph pour le féliciter de son avènement et, un peu plus tard, supplia l'empereur, « son auguste souverain », de « faire le bonheur de sa vie », en l'adoptant.

Insurrection espagnole. — Napoléon, se sentant éclaboussé par le « cynique attentat ^ », s'excusa sur la vilenie des personnages qu'il avait pris au piège ; surtout, il se persuada que la révolte espagnole ne serait pas moins vite réduite

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