PASSAGE DU NIEMEN
bourg, c'est-à-dire à la Russie, une com- pensa sérieusement à se faire empereur
pensation en Pologne. à sa place. Il ménagea le traité de
Napoléon s'emporta, interpella publi- Bucarest entre Alexandre et les Turcs, quement l'ambassadeur russe : « Il ne Napoléon obligea la Prusse et l'Au-
cédera pas un pouce du territoire varso- triche à le suivre dans la guerre. L'une et
vien, pas un village, pas un moulin, l'autre avertirent Alexandre qu'elles
q\iand même l'armée d'Alexandre cam- cédaient à la nécessité et attendaient le
perait sur les hauteurs de Montmartre ». jour où elles rederiendraient ses alliées ;
C'était la rupture, et les rôles échan- il en avait pour gages leur «loyauté» et,
gés. Alexandre, qui avait voulu la guerre, parut la fuir, et Napoléon, qui la redoutait, y courir.
Le plan russe. — Caulaincourt avertit l'empereur : Alexandre, s'il a recours
bien plus, leur intérêt *.
Passage du Niémen. — Après avoir tenu à Dresde une cour plénière des princes allemands et paru une dernière fois comme le roi des rois, l'empereur
aux armes, ne les posera ijlus ; il reculera, rejoignit l'armée en Pologne. Il y avait
s'il le faut, «jusqu'au Kamtchatka», réuni les plus grandes masses qu'on eût
C'était le plan qu'il tenait de l'aile- encore vues, un peu plus de 800 ooo Fran-
mand PhuU : éviter les grandes batailles, çais et le reste d'auxiliaires, .\llemands et
épuiser l'envahisseur en
l'entraînant toujours plus loin, suivre l'exemple de l'Espagne.
Napoléon fut-il repris par son hcilluc ination orientale?
Chercha- 1- il à se tromper lui - même quand il fit à Narbonne la
fantastique confidence :
« Après tout, cette route est celle de