RETRAITE DE RUSSIE
et I ooo pièces de canon qui firent trem- Il data de Moscou, avec beaucoup
bler le sol à 20 kilomètres de distance, d'autres décrets, celui qui réorganisait
La «grande redoute», défendue par la Comédie-Française.
Bagration, fut enlevée par Caulaincourt Retraite de Russie. — Un hiver pré-
et ses cuirassiers après une lutte d'une coce et d'une rigueur exceptionnelle
extrême violence. Près d'un tiers descom- transforma en désastre cette retraite
battants fut tué ou blessé. L'empereur, tardivement ordonnée. Rapp, en vain,
à 800 lieues de Paris, refusa de faire avait averti que « l'hiver prendrait
donner la garde. l'armée en chemin ».
Les Russes furent seulement battus Xapoléon alla d'abord vers le Sud,
et se replièrent en ordre. où il eût vécu largement sur le pays ;
Moscou. — En arrivant devant mais il trouva Kutusof qui lui barra la
Moscou, soixante jours après son départ route (combat de Malo-Jaroslavetz) et
de Wilna, Napoléon, « qui crut voir tout revint à la voie dévastée de Smolensk.
l'empire russe ^ », laissa échapper un cri : En moins de huit jours, par un froid
« Il était temps. » Il attendit vaine- qui foudroyait les corbeaux en plein vol,
ment, sur la colline des Moineaux d'où l'armée, alourdie par l'énorme butin
l'on aperçoit la ville merveilleuse, que les qu'elle traînait après elle, et semblable,
<' boyards » lui en apportassent les clefs: presque toute la population avait fui avec l'arrièregarde de Kutusof.
Il traversa une cité morte (14 septembre).
Le gouverneur Rostopchine,ens'en allant, avait laisse l'ordre d'incendier la ville. Comme il avait emmené ton-
des le départ de I Moscou, « à une j horde de Tartares », ; ne fut plus qu'un 1 troupeau.
Sauf la garde, I toutes les unités se I disloquèrent. Pres- : que tous leschevaux 1 crevèrent, de froid 1 iiu de faim. Il fallut
abandonner par ■ centaines les cai nous, les chariots.
Kutusof suivait