‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 471 sur 725 · LA CUITE · texte numérisé non relu

LA CUITE

I A France expia durement, par deux ■^ invasions et par le sacrifice devenu inutile de plus d'un million d'hommes, la faute qu'elle commit envers elle-même, quand elle abdiqua aux mains d'un seul, si glorieux qu'il fût, la liberté qu'elle venait à peine de conquérir ; et-, aussi, la faute qu'elle commit envers les peuples en méconnaissant le principe du droit nouveau qu'elle venait de déclarer et qui les devait rendre seuls maîti^es de leurs destinées.

L'histoire ne serait qu'une aride et stérile chronique si elle se dérobait devant ces moralités.

Mais ce serait pareillement peser à faux poids que de ne pas égaler, pour le moins, aux erreurs et aux fautes françaises les fautes et les erreurs des gouvernements et des peuples qui ne s'étaient pas coalisés seulement contre les excès de l'ambition impériale. Ni les peuples ne s'étaient résignés à ce que la 1-Vance

revînt aux frontières de l'ancienne Gaule, ni les rois ne lui avaient pardonné la Révolution. La coalition a moijis poursuivi en Napoléon l'imitateur théâtral de Charlemagne que l'ordonnateur de la Révolution.

Elle manœuvra avec beaucoup plus d'adresse que lui. Alors qu'il avait dicté à la romaine ses paix victorieuses et qu'ensuite il refusa brutalement des conditions qui semblaient inespérées, la coalition joua si bien la comédie de la modération que la France n'en fut pas moins dupe que le reste du monde.

Ainsi il a fallu que les archives s'ouvrent et qu'en sortent les conventions secrètes, les seules sincères, pour qu'apparaisse l'immuable dessein de l'Angleterre et de ses alliés : rejeter la France de la frontière du Rhin et la ramener à la famille des Bourbons qui avait renoncé à y tendre.

La comédie, enfin, réussit d'autant

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