I. Ch.-V. Lanclois, dans l'Histoire de Lavisse
Il a été ainsi le véritable fondateur de la monarchie des temps modernes, monarchie absolue à une tête qui prit la place de la monarchie absolue à plusieurs têtes qu'était la féodalité, et qui dura jusqu'à la fin du xviii^ siècle où, dans Philippe iv le bel le progrès des idées et ^„ l!**''^''*'' ,
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des mœurs, les abus
et les vices la rendirent intolérable et
déchaînèrent la Révolution.
Les innombrables entreprises de Philippe tendent toutes au même résultat ; justes ou injustes, elles sont toujours appuyées par ses légistes, durs professionnels du droit, chevaliers du Droit, experts à tirer des textes, qu'au besoin ils falsifient, tout ce qui peut aider à fortifier l'autorité royale, à grandir l'Etat. Il fait « citer » par eux, comme de vulgaires justiciables, les grands vassaux, le roi d'Angleterre, le pape. Ils saisissent en son nom les royaumes comme les fiefs.
Comme il veut avoir une armée qui ne soit plus qu'à lui seul et comme il organise en même temps une armée administrative et une armée judiciaire, il lui faut beaucoup d'argent.
Il en prend à tout le monde: aux marchands par la maltôie, impôt sur les transactions commerciales ; aux nobles (la moitié de leur vaisselle plate) ; à l'Eglise (taxe double ou triple sur les biens de mainmorte qui échappent au droit de mutation) ; aux Lombards, banquiers du Saint-Siège, qu'il dépouille ; aux Juifs qu'il expulse après avoir mis en vente tout ce qu'ils possèdent. 11 frappe le royaume tout entier d'un impôt proportionnel sur le capital et sur le revenu. Il altère les monnaies (on l'appela le roi f aux-monnayeur) .
Les Templiers étaient des moinessoldats, milice sacrée des Croisades, ambitieux, turbulent>, très riches. Il les arrêta en bloc, les accusa de crimes horribles, le plus souvent imaginaires, arracha au pape Clément l'abolition de leur ordre et les fit condamner à la prison perpétuelle ou au bûcher, et à la confiscation de tous leurs biens.
Philippe le Bel et BonifaceVIII. — Le « différend » de Philippe le Bel avec le pape Boniface VIII dura sept années (1296-1303).
Il porta d'abord ?ur les subsides que le pape faisait défense aux princes séculiers, sous peine d'excommunication, de