ABDICATION DE CHARLES X
Le lendemain, comme s'il s'était agi d'une simple émeute, il révoqua les ordonnances, reçut la démission de Polignac et chargea le duc de Mortemart de former un autre ministère.
Quand Mortemart arriva à Paris, il s'v trouva devant les faits accomplis.
Déjà une sorte de gouvernement provisoire, sous le nom de Cotn-mission munic.pale, était installé à l'Hôtel de Ville; La Fayette avait repris, comme en 1789, le commandement en chef de la garde nationale ; et un gros de députés, réunis au Palais Bourbon, offrait au duc d'Orléans la lieutenance du royaume, lui '< recommandant » l'adoption des couleurs nationales et la re vision de la Charte (30 juillet).
Le duc d'Orléans. — La Révolution de juillet s'était faite pour la défense des libertés publiques et pour le drapeau tricolore' Une minorité seulement de combattants, ouvriers ou bourgeois, eût voulu un changement de régime : Empire ou République. Pour un changement de système, la substitution de la branche cadette à la branche aînée des Bourbons suffira.
Une demi-révolution transporta la monarchie à moitié chemin de la République.
Depuis longtemps, un groupe important de royalistes constitutionnels et libéraux jugeait les Bourbons incorrigibles et regardait vers le duc d'Orléans.
C'était ce duc de Chartres qui avait combattu à Valmy et à Jemmapes et qui n'était pas moins suspect aux royalistes purs pour son propre passé que pour le lourd héritage de soa père, le régicide.
Il n'était rentré à Paris que deux ans après Waterloo et, s'il avait réclamé ses privilèges de prince du sang et, plus tard, sa part du milliard des émigrés, n'en était pas moins demeuré fidèle à l'opinion libérale. Les chefs de l'opposition fréquentaient au Palais-Royal ; la belle lignée de ses fils ' reçut l'éducation de l'Université. Il était d'esprit voltairien et de mœurs bourgeoises.
Ainsi répondait-il par sa complexité même à la situation ; il en était l'homme : quoique et parce que Bourbon.
L'Autriche n'aurait rendu à aurim prix le fils de l'empereur qui n'était plus, sous une étroite surveillance, que le duc de Reichstadt. La République aurait à la fois étonné la France et cfïravé l'Eu-