DU RÈGNE
et Barrot, le porte- parole de la gauche avancée. Mole fut bientôt dans l'impossibilité de gouverner ; il demanda au roi et obtint de lui la dissolution de la Chambre.
La coalition alla à la bataille avec cette formule : « Substitution du gouvernement parlementaire au gouvernement personnel ». Mole, battu, céda la
I^es restes de
nie- tio J.jinvuie arai-portcs U '^uiitc HelLne, ^ont amènes i laris]><ur (t ensevelis aux Invalides (15 décembit> 1640)
(L'embarquement ^ Jameston ; d'après un dessin du Prince de Joiuville.)
surtout la conception, toute anglaise, qu'avait Thiers du souverain dans la monarchie constitutionnelle : « Le roi règne et ne gouverne pas » , amenèrent Louis-Philippe à appeler aux affaires le comte Mole. Il n'était ni tory ni uhfg et recevait volontiers les indications du roi. Thiers et Guizot, libéraux et doctrinaires, parti du mouvement et parti de la résistance, se liguèrent contre lui avec Berryer, le grand orateur des légitimistes.
place au maréchal Soult (avril 1839).
Redevenu peu après premier ministre, Thiers gouverna avec l'appui de la gauche. Guizot avait accepté de Soult d'aller ambassadeur à Londres.
Le retour des cendres. — Ami de
I. La Moricière, Bedeau, Eug(>ne Cavaignac, Changarnier, le ducd'Aumale, Pélissier, Négrier Randon, Baraguav d'Hillier», Bosquet, Canrobert, Jusuf, Mac-Mahon,LeFlô, Saint- Arnaud, du Barrail, etc.
^,y^o. — LE TRAITÉ DE LONDRES.
Talleyrand, Thiers l'avait appuyé dans la nation le culte de la force à la religion
politique de paix qui prévalut à l'époque sérieuse de la liberté », et qu'il y avait là
de la révolution belge. Pourtant il eût un grand danger. En effet, « on ne rape-
voulu plus d'allure à la monarchie de tisserait pas en vain le trône devant un
Juillet, comme Chateaubriand à la pareil tombeau ». Quoi ! « une telle épée
Restauration. donnée pour jouet à un tel peuple ! ». Et
Il avait le goût des choses de l'armée, il montra à l'horizon un autre Napoléon,
et il n'avait guère moins contribué que une autre invasion. Pour les fortifications,
les artistes (Raffet, Charlet, les peintres la défense nationale n'en tirera aucun
des galeries de Versailles) et que les poètes profit : « Paris ne sauvera pas la France,
(Béranger, Hugo) à la légende impériale. Paris ne se sauvera pas lui-même » ; mais
Il écrivait dans ses loisirs VHistoire du que deviendra la représentation nationale
Consulat et de V Empire ; il avait, dans son devant « la gueule de deux cents bouches
précédent ministère, ache vé et inauguré l'Arc de Triomphe.
L'idée lui vint de fortifier, sinon d'exalter, le sentiment national par des mesures, en apparence fort différentes, mais qui procédaient l'une et l'autre des souvenirs de l'Empire
Paris, ville ouverte n'avait pu résister en 1814 pendant plus d'une demi journée, et n'avait mémt pas tenté de résister en 181 5 aux armées étran gères : il proposa d'entou rer Paris d'une enceinte de murs.
Le corps de Napoléon était toujours prisonnier des Anglais à Sainte-Hé- sa.cophage lène : il proposa de le faire crypte qui ; revenir triomphalement l'ivaiides ; pour être déposé non pas li Saint-Denis, <> bien qu'il eût
TO-VlBtAU
feu dont une population affamée et ombrageuse tiendra la mèche? » C'està-dire le second Empire, Sedan, le siège de Paris et la Commune.
Les projets furent adoptés. Les militaires avaient décidé que Paris fortifié serait imprenable. Le retour des cendres fut comme une revanche de Waterloo.
Affaires de Syrie. — La crise la plus grave du règne éclata soudain dans cette atmosphère d'évocations de guerre et de gloire.
Comme la plupart des grandes crises de l'Europe contemporaine, elle vint d'Orient. Méhémet-Ali,«fils du pacha d'Egypte Ibra-
porphyre dans la re sous le dôme des
œuvre de l'architecte him, était parti en guerre ^ '^'=°""- contre le sultan et, après
été le avoir battu les Turcs à Nézib, s'était souverain légitime de la' France », mais emparé de la Syrie d'où il luenaçait la <■ dans un lieu silencieux et sacré, dans route de Constantinople. l'enceinte où vont se reposer les sol- Mole, puis Soult et Thiers appuyèrent
dats de la patrie » — c'est-à-dire aux Méhémet-Ali. La légende napoléonienne Invalides — << où il régnera et comman- ayant rév.eillé les vieilles haines contre dera encore ' ». l'Angleterre, une partie de l'opinion vit
Guizot obtint le consentement du dans ce barbare de génie un lieutenant de gouvernement anglais à «la translation la l'rance au Caire. Toulon, Alger, Alexandrie et Beyrouth sous la même main, la Méditerranée sera un lac français : « La Méditerranée était à nous et nous frappions aux |5ortes de l'Asie ^. »
Le traité de Londres. — Nécessairement, l'Angleterre ef la Russie s'inquiétèrent de cette politique « séparée
des cendres ». Louis-Philippe envoya le prince de Joinville à Sainte-Hélène pour y recueillir «les restes mortels de l'empereur ».
Prophéties de Lamartine. — LTn grand poète, Lamartine, devenu député et n'appartenant alors à aucun parti, «siégeant, disait-il, au plafond », fut presque et personnelle » de la France. Traînant seul à combattre, dans des discours pio- à leur remorque l'Autriche et la phétiques, les deux projets. Prusse, elles s'entendirent dans le plus
Il dit qu'on voulait, depuis quelque grand secret contre le pacha d'Egypte, temps, «substituer dans l'esprit de la Le traité de Londres, reconstituant le
pacte à quatre de Chaumont, mit Ibrahim
I. Exposé des motifs du projet présenté par Charles de Rcmusat, ministre de l'Intérieur.
Louis Blanc.