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MORT DU DUC D'ORLÉANS

dévoué qu'il fût à l'alliance anglaise, chercha une revanche en Espagne où les deux gouvernements poursuivaient des rivalités d'influence. La loi salique ayant été abolie par Ferdinand VII, le mariage de ses filles Isabelle et Ferdinande devint une grande affaire. Isabelle épousa un cousin espagnol; Palmerston eût voulu un prince de Cobourg pour la cadette ; Louis-Philippe réussit à la marier à son plus jeune fils, Montpensier.

Comme le <i mariage espagnol » mécontenta vivement l'Angleterre, le roi et Guizot se retournèrent vers l'Autriche, mais pour une politique qui ne leur valut pas de moins vifs reproches. Ils acceptèrent la suppression de la République de Cracovie, dernier lambeau d'une Pologne libre, favorisèrent en Suisse, de concert avec Mettemich, les aristocraties cantonales {Sonderbiind) contre les démocraties, et appuyèrent également l'Autriche en Italie.

Mort du duc d'Orléans. — Al'intérieur, les complaisances de Guizot pour le gouvernement personniel du roi augmentèrent le mécontentement des partis et la désaffection du public. L'avenirs'assombrit encore après la mort du duc d'Orléans, tué dans un accident de voiture (juillet 1842).

Le duc d'Orléans avait épousé une princesse protestante et qui l'était restée, la duchesse Hélèi>e de Mecklembourg ; l'aîné de leurs enfants, le comte de Paris, avait cinq ans. Le duc, d'une belle intelligence et d'esprit ouvert, qui aurait pu faire durer la monarchie, avait écrit dans son testament : « Que mon fils soit, avant tout, un homme de son temps et de sa nation ; qu'il soit catholique et serviteur passionné, exclusif delà l'rance et de la Révolution. »

Le gouvernement personnel du roi. — Le roi, plus il avançait en âge, plus il s'éloignait des idées qui av-aient fait sa fortune. Il s'opposa à toutes les réformes, se persuada que « la France est un pays qui se mène par des fonctionnaires » ; surtout, il couvrit fe système de corruption qu'avait organisé Guizot, lui-même intègre, mais qui achetait par des faveurs de toutes sortes le vote dies électeurs et celui des députés. Toujours plus confiant en lui-même à mesure qu'il commettait plus de fautes, il plaisantait des « criailleries qui ne l'empêcheraient pas de mener son fiacre ».

Ces « criailleries », c'étaient les protestations toujours plus véhémentes de la presse, en dépit d'innombrables procès, et des députés de l'opposition contre les

faiblesses d-e la politique extérieure et les brutalités d'un âpre conservatisme.

« Pour la politique de l'immobilité, disait Lamartine, une borne suffirait. »

Des scandales éclatèrent dans la région du pouvoir. Deux anciens ministres (Teste et Cubières) furent condamnés par la Chambre des pairs pour concussion.

Questions économiques et sociales. — L'application de la vapeur aux machines et, notamment, aux transports (chemins de fer et compagnies de navigation) donna un immense essor à l'industrie, mais, aussi, à la spéculation.

Le gouvernement parut être celui des seuls intérêts d'argent. Guizot fut accusé d'avoir donné ce conseil : « Enrichissez-vous. » 11 avait dit : « Par le travail. » Le régime même se discrédita.

Lamartine le menaça de « la révolution du mépris ».

Comme l'une des conséquences de l'évolution économique, c'était de mettre directement en présence une société capitaliste toujours plus riche et une masse d'ouvriers salariés dont la situation demeurait précaire, les idées socialistes, sur l'organisation du travail et sur la propriété, recrutèrent des adhérents toujours plus nombreux.

Saint-Simon et Enfantin s'étaient encore inspirés de Babeuf, mais avaient dégagé une noble et forte formule : « A chacun selon sa capacité ; à chaque capacité selon ses œuvres » ; Fourier, Considérant, Proudhon, Louis Blanc, Cabet, Blanqui, Pierre Leroux engagèrent la lutte contre le capital.

La pi^esse à bon marché, inaugurée par un publiciste audacieux, Emile de Girardin, qui avait eu le malheur de tuer Armand Carrel en duel, fit pénétrer dans des couches sociales, longtemps indifférentes à la politique, les idées des partis d'opposition et de révolution.

La réforme électorale. — Nécessairement, le système qui faisait du droit de vote le monopole de 200 000 électeurs ayant de la fortune, parut la cause profonde du mal : de la stérilité comme de la corrupti(jn parlementaire.

La réforme électorale devint le cri public. Guizot s'y opposa avec hauteur.

Non seulement,* il n'y aurait pas de jour pour le suffrage universel », mais il n'y avait même pas lieu d'ajouter à la liste des électeurs et des éligibles «les capacités i>, les hommes de valeur qui n'étaient pas assez riches pour payer le cens.

Comme la Chambre suivit Guizot, l'opposition décida d' « ouvrir les fenêtres», c'est-à-dire d'engager, à la mode anglaise,

CHUTE !)!■: GVIZOT

nne agitation populaire par des réunions après vingt jours de débats passionnés

«.'t des banquets. sur la réforme électorale, Guizot l'emporta

Les banquets. — La campagne « des encore une fois. L'opposition parlcmen-

banquiHs * fut marquée par des discours taire décida d'assister à un banquet du

retentissants : à Mâcon, celui de Lamar- XIL' arrondissement. Le gouvernement

tine à qui son Histoire des Girondins avait donné une vaste popularité ; à Saint-Quentin et à Lille, ceux d'Odilon Barrot et de Ledru-RoUin.

A l'ouverture de la session de 1848,

annonça qu'il interdisait la réunion.

Lamartine tit entendre cet avertissement : « Le Jeu de Paume, c'est un lieu de réunion fermé par l'autorité, rouvert par la nation ».

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