‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 521 sur 725 · Daniel Stern · texte numérisé non relu

Daniel Stern

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Lamartine et Lediu-Rollin firent acclamer par la toule les noms des membres du gouvernement provisoire, puis se rendirent à THotel de \ille où la liste fut complétée. Le gouvernement fut composé de Dupont (de l'Eure), Lamar-

LA SECOXDE

y A chute de Louis-Philippe surprit la ^ France sans l' affliger ; la République étonna, mais sans effrayer. La province prenait l'habitude de recevoir de Paris les gouvernements.

Au dehors, la Révolution de février fut accueillie comme un signal par les peuples qui aspiraient à la liberté et, ce qui était nouveau, par les races en mal d'unité. Elle ne les arracha pas, comme on a dit, à la léthargie. Elle accéléra les révoltes et les guerres qui fermentaient.

Mettemich tomba le premier à Vienne, le 1 3 mars, après un règne de quarante ans. Avant la fin du mois, la Hongrie, la Bohême, la Posnanie, presque toute l'Italie, une partie de l'Allemagne étaient en feu ; le prince héritier de Prusse fut chassé de Berlin, la république proclamée à Venise ; le Piémont partit en guerre contre l'Autriche.

Politique extérieure. — Toutes ces mines qui sautaient l'une après l'autre, dont la mèche n'avait pas été posée, mais, certainement, avait été allumée par la Révolution de février, serait-ce la préface d'une guerre générale?

Nombre de républicains, et, parmi eux, plusieurs membres du gouvernement provisoire, allaient être mis en demeure par les événements d'appliquer leurs théories sur les traités de 1 8 1 5 et sur l'obligation pour la démocratie de s'armer pour la défense des révolutions. Leur politique extérieure avait été surtout dictée par la politique intérieure, faute qui se renouvellera avec de graves conséquences.

Comme le peuple n'avait pas encore appris à lire sous les phrases, ces idées, " développées à satiété contre le gouvernement de Juillet, avaient pénétré avant dans la jeunesse des écoles et dans les masses ouvrières. On s'émut surtout pour l'Italie et pour la Pologne.

Le manifeste de Lamartine. — Le gouvernement provisoire avait, par bonheur, nommé au ministère des Affaires étrangères celui de ses membres qui, par son passé politique où il avait toujours combattu l'esprit napoléonien, était le plus propre à rassurer l'Europe et, par son génie harmonieux, à donner un caractère

tine, l'astronome Arago, Ledru-Rollin, Marie, Crémieux, Garnier Pages, députés, Louis Blanc, Flocon et Armand Marrast, journalistes, et Albert, ouvrier.

La République fut proclamée seulement le 25.

nouveau, démocratique et idéaliste, à la politique de la paix.

Le « manifeste » de Lamartine, comme on a appelé sa circulaire aux agents diplomatiques, déclara que la République,, « volonté d'un grand peuple qui ne demande son titre qu'à lui-même », entrait dans la famille des gouvernements institués, « comme une puissance régulière et non comme un phénomène perturbateur de l'ordre européen ».

Si les traités de 1815 n'existent plus en droit, en fait la République adm.et « leurs circonscriptions territoriales comme base et comme point de départ dans les rapports avec les autres nations ». Son principe, c'est la paix et la fraternité des peuples.

Enfin elle fait sienne la doctrine de non-intervention, également décidée à ne pas provoquer des soulèvements et à protéger, contre toutes les agressions, « les mouvements légitimes de croissance et de nationalité ».

C'était, dansun langage moins précis et plus sonore, la politique de Casimir Perier.

Le gouvernement, ayant eu la clairvoyance de l'intérêt français, eut le courage de n'en pas démordre. A s'engager dans une guerre où les grands mots de liberté et d'indépendance couvraient le plus souvent des ambitions ethniques, la République aurait coalisé l'Europe contre elle sans trouver un seul allié. Elle n'intervint, d'accord avec l'Angleterre, en Italie que pour arrêter les armées autrichiennes partout victorieuses.

Aussi bien l'Italie, en avril, avait-elle décidé de « faire par elle-même », fara da se. Le roi de Sardaigne alla jusqu'à s'inquiéter d'un corps d'observation qui avait été envoyé aux Alpes.

Le suffrage universel. — Cette prudente politique s'imposait d'autant plus que, passé les premières heures de la Révolution qui furent vraiment illuminées d'un rêve éblouissant de fraternité, les difficultés intérieures étaient devenues redoutables.

Déjà, les esprits réfléchis prévoyaient que <' les arbres de la liberté qu'on plantait avec une joie na'ive ne verdiraient jamais ^ ».

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