I. Vktor Hugo
l'i-.ri, 111 BAUDIN
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RcpuMique et d'un officier, jugèrent à hui^ clos, prononcèrent plus de lo oôo condamnations ? à la déportation en Afrique et à la Guyane.
Tne longrue liste de proscriptions comprit qnatr&-vingtsreprésentants( Hugo, Thiers. Cavaignac, La Moricière, Bedeau) et plusieurs centaines de républicains, expulsés « pour cause de sûreté générale ».
Par la suite, les uns acceptèrent de rentrer en France quand l'amnistie leur en rouvrit les portes ; les autres restèrent en e.xil plutôt que de reconnaître un gouvernement « issu d'un crime ». Hugo, du rocher de Guernesey où il s'était fixé, en face des côtes de Frante, flétrit
l'attentat dans un brûlant pamphlet :
Napoléon le Petit, et dans les satires lyriques et tragiques des Châtiments.
Le plébiscite. — « Opération de police un peu rude ■>, a-t-on dit. Lasse des révohitions et du bruit des assemblées et mal remise de la peur qu'elle avait eue en juin, la masse de la nation entra, en effet, dans le régime de décembre comme au port. Entreprise dans l'intérêt d'un homme et d'un entourage, 1' « opération de police » s'est encadrée dans l'histoire entre le serment du 20 décembre 1848 et la capitulation de Sedan.
Le coup d'Etat fut ratifié par 7 millions et demi de suffrages. Il y eut 650 000 non (20 décembre 1851).
LE SECOND E:VIPIRE
Bon IIL — La dignité impériale fut rétablie l'année d'après par un autre plébiscite. Pour l'anniversaire du coup d'Etat, le prince-président prit le titre d'empereur des Français, «par la sjràce de Dieu et la volonté nationale », et, comme si le roi de Rome avait régné, le nom de Napoléon IIL
Il épousa en 1853 une Espagnole de grande famille, Eugénie de Montijo, comtesse de Téba, dont il eut un fils.
Le régime dedécembre. — L'année 1852 avait été employée à organiser le régime. La Constitution, promulguée dès janvier, fut, comme l'avait annoncé l'appel du 2 décembre, la copie de celle de l'an VIII, avec quelques variantes : point de Tribunat, un Corps législatif élu pour six ans, un président nommé pour dix ans, au lieu d'un consul, dont il n'y eut ensuite qu'à changer le titre.
Le Corps législatif perdit tout droit . d'initiative ; la publicité de ses débats fut interdite. Comme le gouvernement propose les lois aux députés, il proposera les députés aux électeurs et les préfets les leur imposeront- Autant les nommer lui-même.
La juridiction correctionnelle fut
rétablie pour les délits
de presse, les journaux placés sous la surveil- Ji -A lance de l'administra- *^^^» I tion; ils pouvaient être suspendus ou supprimés par décret ou, j^ "^'^^HHi même, par arrêté pré-
^^r ■ -^^HB fectoral.
^^H|^^ :^^3i La liberté de réu-
"- '■ — '-~^' — ' nion fut à peu près
N.iPoiÉoN m abolie.
(18081873. Les biens des prin-
(D après Flan'lnn, ,,^ ,. /■
Musée de Versailles.) CeS d OrlcanS furcnt
confisqués par décret. Comme c'est le propre des périodes troublées de finir par un besoin de soumission, le système était rationnel, puisqu'il fondait sur le silence du peuple, découragé de luimême, l'autorité absolue du prince.
Mais c'était aussi dans la nature des choses que le système ne durerait qu'autant que les fautes du pouvoir absolu ne démontreraient pas à nouveau l'avantage de la liberté politique, même pour la sécurité des intérêts matériels.
Politique économique du régime. — Le développement considérable de la richesse publique pendant les années qui suivirent le coup d'Etat avait été préparé par les initiatives de la Monarchie de juillet et de la deuxième République ; les chemins de fer étaient amorcés dans tous les sens.
Le second Empire fut un continuateur actif et intelligent de ces gouvernements de liberté.
Le réseau ferré s'accrut de 4 000 à près de 20 000 kilomètres ; les compagnies de navigation furent subventionnées pour l'ouverture de nouvelles lignes ; les grandes villes, et d'abord Paris, furent transformées par des travaux d'une utilité à la fois stratégique et hygiénique. La percée de larges voies de circulation rendit impossible la classique insurrection par les barricades et fit pénétrer la lumière et l'air dans des quartiers qui étaient des foyers de pestilence.
D'autres grands travaux publics (construction de ports et de canaux, de halles, de casernes, d'églises, aChé- EUGENIE, :8.6m93o). ', j ", ' (D après \Vi.iterhalter,
vement du Louvre, par versaiius.)
L IMHKRATRICE
/,>5-'--r'S7&. — LE SECOND EMPIRE.
sa jonction aux Tuileries, création de parcs) employèrent des milliers d'ouvriers dont les salaires s'accrurent pendant que des traités de commerce avec l'Angleterre et les principaux pays du continent abaissèrent le prix de la vie. Le libre échange stimula l'industrie par la concurrence.
du droit qui appartient aux peuples de se choisir et de se créer une patrie, il avait déduit une politique nouvelle : la politique des nationalités.
Il avait rêvé dans sa jeunesse d'une Italie affranchie de la domination autrichienne et d'une Allemagne affranchie de la réaction autrichienne. Il continua
Cette véritable révolution économique de penser, durant la plus grande partie de
fut surtout l'œuvre de l'anglais Richard son règne, que sa tâche était de réaliser
Cobden et d'un ancien saint-simonien, « la justice » pour l'Allemagne comme
Michel Chevalier ; elle fut réalisée en pour l'Italie. A cet effet, il rechercha
dehors des Chambres, par décret, comme jusqu'en 1867 deux alliances: l'Angle-
un autre coup d'Etat. terre, non moins favorable à l'Allemagne
La Révolution avait interdit les coali- qu'à l'Italie, et la Prusse, «amie insé-
tions entre les ouvriers (pour obtenir des parable de la France >>, disait son père
patrons de meilleures conditions de tra- le roi Louis vaili ; l'Empire sup
prima le délit de grève et autorisa les coalitions.
Les paysans ne furent guère moii.s favorisés. L'organisation des cham bres d'agriculture, rétablissement de comices et de ccncours agricoles, les lois sur le déboisement et sur le drainage, l'abolition ce l'échelle mobile, entrave au commerce du blé, l'institution des médecins cantonaux, accrurent la prospérité et le bien-être des classes rurales.
L'empereur prit à la Révolution l'idée d'expositions universelles (1855 et 1867). Grandes foires de plaisir, mais cu'i se manifestait la puissance industrielle
Napoléon I «f avait prophétiséà Sainte- Hélène : « Le premier souverain qui, au milieu de la grande mêlée, embrassera de bonne foi la cause des peuples, se trouvera à la tête de l'Europe » ; Napoléon m se crut cet homme.
La pensée du Rhin lui fut étrangère. «Lareine Victoria lui trouvait l'esprit plus allemand que fran çais '. » Il appelait l'Italie « sa seconde patrie >>. S'il poursuivit la rev'ision des traités de 1815, le principal avantage ne fut pas pour la France. Tout au plus, il réclama la Savoie et Nice. Louis XV seul a été aussi désintéressé que lui et il n'y a jamais eu
,■>■ BAL AU.X TUILERIES e quatlrille de l'Empereur .
[D après Janet, dans le Mon<^t iilustte. ;
agricole, artistique, du pays et qui, par la de prince plus cosmopolite.
comparaison avec celle des autres peuples, provoquèrent de nouveaux progrès.
La constitution de nombreuses sociétés de crédit facilita les affaires et aida au succès des emprunts d'Etat
Il ne lit pas seulement la guerre de Crimée pour repousser dans l'ombre le 2 décembre, rompre ce qui restait de la Sainte Alliance, s'imposer à l'Europe, mais aussi pour préparer son intervention
Politique étrangère de Napoléon III. — en Italie. La grande majf.rité du pays se satisfai- Quand les devoirs qu'il se croyait
sait de cette politique des intérêts. Si envers ses idées l'eurent conduit à faire
Napoléon III avait mieux compris les la guerre pour chasser l'Autriche de
siens, il serait demeuré fidèle au discours l'Italie et à aider la Prusse à chasser
de Bordeaux par lequel il préluda au l'Autriche de l'Allemagne, et lorsqu'il se
rétablissement de la monarchie césa trouva ainsi, à son insu, l'artisan de
rienne : « L'Empire, c'est la paix », et il l'unité italienne et de l'unité allemande,
n'aurait jamais fait la guerre. tout à coup ses devoirs envers son pays
Mais le souvenir de Napoléon I" le lui apparurent et il aperçut que le premier
ntait, il rêva de gloire militaire ; il des grands intérêts français, c'est l'équi-
ha
fallait à l'armée d'autres batailles que
celle du boulevard Montmartre. Enfin,