LE SIEGE DE SEUASTOPOL
Plan panoramique des opérations. Le sort de Sébastopol était lié à celui de Malakoff, la forteresse qui domiiiait le
port et la ville. Ou en aperçoit, à droite, la massive tour ronde.
(Lithographie de V. Adam. Miis/e de l'Arm^f, Cl. Hachetlf.)
deux des positions qui gardaient Malakoff: le Mamelon Vert et les ouvrages verts. Le premier assaut (18 juin) sur Malakoff ayant échoué, bien que les troupes y eussent pris pied, Pélissier tira de son insuccès d'utiles enseignements. Il décida de cheminer en souterrain jusqu'aux abords mêmes de la forteresse, afin que la vague d'assaut eût un moindre espace à parcourir sous le feu ennemi.
Sourd aux bruits du dehors, il poursuivit méthc)diquement les travaux pendant trois mois. Une sortie des Russes en direction du pont de Traktir fut repoussée avec de grandes pertes.
Prise de Malakoff. — L'assaut final
dit que tant d'autres mots historiques : « J'y suis, j'y reste. »
Les Russes abandonnèrent la ville, après y avoir mis le feu, noyèrent la flotte et se retirèrent vers le Nord. Le siège avait duré trois cent trente-deux jours.
Traité de Paris. — La paix ne fut conclue que' l'année suivante (1856).
Le Congrès se réunit à Paris. Napoléon III y fit admettre le Piémont sur le pied de parfaite égalité, et, malgré l'opposition de l'Angleterre, la Prusse, bien qu'elle eût été obstinément neutre.
Le traité du 30 mars ne différa point beaucoup des conditions que l'Autriche avait proposées aux conférence? de
GUERRE ir ITALIE.
\'ienne : neutralisation de la mer Noire ; libre navigation du Danube sous le contrôle d'une commission internationale ; réunion de la Bessarabie à la Moldo- Valachie, placée, comme la Serbie, sous la garde de l'Europe ; intégrité de l'Empire ottoman garantie par les puissances. Il ne fut pas question de la Pologne.
Parce que l'armée française avait eu la part la plus grande dans la victoire, la politiquefrançaise parut avoirremporté un succès considérable et Napoléon III put se croire l'arbitre de l'Europe. Ce rayonnement fut tout le profit que la
lùance eut de la guerre, « aventure ruineuse et stérile », dit l'im des diplomates les plus dévoués au régime i, « et fatale par la menace d'aventures plus étrangères encore à l'intérêt français».
Le plus beau soldat de la guerre.
Bosquet, ne cacha pas davantage ses inquiétudes : << La France, pour un peu de gloire, s'est aliéné la Russie, qu'elle trouvera un jour appuyant l'Allemagne contre elle. » Ce qui se vérifia en 1870. « Quand vinrent nos malheurs, les Russes se souvinrent de Sébastopol pour nous laisser accabler ^. »