GUERRE D'ITALIE
préparation du conflit. — Le traité à •* peine signé, Napoléon invita les puissances à prendre en considération les questions « de nature à compromettre la pai.x à bref délai », au premier rang la situation de l'Italie.
Du Congrès même il avait été impossible de rien obtenir, mais Cavour, en partant, put dire à l'empereur et aux Anglais : « Nous donnerons du fil à retordre aux Autrichiens ; vous serez forcés de nous aider. »
Ce fut l'affaire de trois ans (1856-1859).
L'Angleterre s'étant refusée à entrer dans une combinaison contre l'Autriche, « qui avait bien agi durant la dernière période de la guerre », Napoléon III s"éloigna d'elle et se rapprocha de la Russie et de la Prusse. Une alliance militaire avec les deux grandes puissances du Nord eût permis de « régulariser les vraies nationalités, expliquait Momy, et de remanier la carte ».
Il eut des entretiens avec le tsar à Stuttgart, où il lui parla des empiétements de» l'Autriche en Italie, et avec la reine d'Angleterre à Osborne, où il dit qu'il ne s'opposerait pas à l'acquisition du port danois de Kiel par la Prusse.
Cavour, entre temps, prépara le conflit, dénonçant les mauvais gouvernements (Naples, Rome, Florence, Parme), blâmant ceux des Lombards qui apportaient leur concours au vice-roi Maximilien, et gagnant à la maison de Savoie les révolutionnaires, jusqu'aux i-épul)licains, Manin, Garibaldi, nombre d'amis de .Mazzini.
Attentat d'Orsinl. — Comme Napoléon III ne se hâtait pas assez au gré des patriotes italiens, Orsini, ancien membre de la Convention romaine, lança trois bombes sur sa voiture, devant l'Opéra ; il y eut plus de cent blessés dont huit succombèrent. L'empereur ni l'impératrice ne furent atteints (14 janvier 1858).
Orsini, blessé lui-même, fut arrêté dans la soirée, ainsi que trois autres Italiens, ses complices.
Loi de Sûreté générale. — Bien que les révolutionnaires françaisfussent entièrement étrangers à l'attentat, le gouvernement saisit l'occasion de sévir contre eux.
Aux élections de l'année précédente, l'opposition avait fait élire à Paris et à Lyon, où la candidature officielle jouait mal, cinq députés républicains. Ouvrant la session du Corps législatif, quatre jours après l'attentat, l'empereur fit appel aux députés ; il comptait sur leur concours « pour rechercher les moyens de réduire au silence les oppositions extrêmes et factieuses ».
C'était l'annonce de la loi dite de « sûreté générale », qui fut présentée par le général Espinasse, nommé tout exprès ministre de l'Intérieur.
La loi donna au gouvernement le droit d'arrêter et de déporter par simple mesure administrative tous les hommes qui, en mai et juin 1848, en juin 1849 ou en décembre 1851, avaient subi ime condamnation quelconque. Vingt-quatre députés, et un seul sénateur, le général de Mac-Mahon, votèrent contre.
Trois cents malheureux furent déportés ou bannis.
Orsini fut condamné à mort. Il écrivit de sa prison à l'empereur « qu'il n'y aurait pas de tranquillité pour l'Europe ni pour lui tant que l'Italie ne serait pas indépendante ». Le Monileur publia la lettre.
Entrevue de Plombières. — Moins de six mois après (juillet 1858), Napoléon se rencontra à Plombières avec Cavour et conclut avec lui, dans le plus grand secret, l'accord qui devint par la suite le traité du 12 décembre. On amènera l'Autriche