‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 536 sur 725 · Victor Duruy · texte numérisé non relu

Victor Duruy

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MA G ENTA. — 1*59.

à prendre Vinitiative de" la guerre ; ;\ la avaient ému l'opinion ; la sauvage répaix, le Piémont aura l'Italie du Nord pression de Haynau en 1849 avait fait jusqu'à l'Adriatique ; la Toscane sera horreur. Une fois de plus, la l'rance se érigée en royaume d'Etrurie; avec Naples croisa, prit les armes pour la délivrance et les Etats pontificaux, ils formeront d'un peuple. L'esprit de la révolution, une confédération dont le pape recevra abattu depuis dix ans, souffla de noula présidence ; la I-"rancc aura la Savoie veau. Les ouvriers acclamèrent Napoet Nice, reviendra aux Alpes ; le prince léon IH, partant pour l'armée. Napoléon épousera la princesse Clotilde, Campagne de Lotnbardie. — L'AUfille de Victor-Emmanuel. triche fut vaincue en deux grandes ba- L'empereur avait gardé sur le trône tailles, dans l'espace d'un mois (20 maides habitudes de conspirateur; toute 24 juin), sur l'unique théâtre de la Lom-

l'affaire fut menée comme un complot, à l'insu des ministres, qui ne furent informés qu'à la veille de l'accord définitif. Mise en demeure de l'Autriche.

bardie.

Les Autrichiens, s'ils avaient profité de leur attaque brusquée sur le Tessin, auraient fort gêné là réunion des armées

- — Le traité signé, l'empereur, à la françaises et piémontaises. A leur ordiréception du i" janvier 1859, interpella naire, ils perdirent du temps. Napoléon

BAT.^lLLE DE M.VGfc.NTA

une victoiie de sold.it5. « Le village de Ma

fut pris huit fuis, rue par rue».

(Tableau d'Yvon, Musée de VersaiU

et Victor- Emmanuel, s'étant concentrés en avant d'Alexandrie, poussèrent, par la rive droite du Pô, en direction de Plaisance, et remportèrent un premier succès à Montebello.

Le général Giu-

lay se vit tourné,

comme l'avait été

Beaulieu en 1796,

et se replia sur le

Tessin, livrant le

'^'"'^ ' passage du Pô.

— La bataille de Magenta

on a dit, « une victoire de

l'ambassadeur d'An triche ; il lui dit son regret « que les relations avec le gouvernement autrichien ne fussent plus aussi bonnes que par le passé ».

Quelques jours plus tard, à l'ouverture du Parlement sarde, Victor-Emma imel déclara que, tout en respectant les traités, « il ne pouvait pas rester insensible au cri

de douleur qui, de toutes les parties de l'Italie, montait vers lui».

C'était la guerre. Cependant l'Angleterre, cherchant une solution pacifique, s'entendit avec la Russie et avec la Prusse pour proposer un Congrès. Napok'on III reconnu par les historiographes officiels; y consentit, mais exigea l'admission de l'empereur n'avait aucune expérience de la Sardaigne et, l'ayant obtenue, rassura la guerre. Alors qu'il eût fallu garder Cavour sur l'inévitable insuccès de ces toutes ses forces sous la main pour le négociations forcées. passage du Tessin, il aventura Mac-

L' ultimatum de l'Autriche. — Alors Mahon en amont du fleuve et se laissa que lïntérêt manifeste de l'Autriche était surprendre par des forces très supérieures. de se couvrir de l'Europe, elle somma Mac-Mahon, par bonheur, n'était pas

Victor-Emmanuel de désarmer dans les Grouchy. Au moment où l'empereur se trois jours. * préparait à ordonner la retraite, il courut

Cavour ne put dissimuler sa joie, au canon et, tombant sur le flanc des L'inacceptable ultimatum lui donna la Autrichiens, engagea une seconde bataille certitude de l'aide immédiate de la France, qui fut gagnée à la tombée de la nuit. et, aussi, du revirement de l'opinion Le village de Magenta fut pris huit fois, anglaise. Le même jour (29 avril 1859) rue par rue. Napoléon fit Mac-Mahon où les troupes autrichiennes franchirent maréchal et duc de Magenta sur le champ le Tessin, l'armée française commença de de bataille (4 juin). passer les Alpes. Victor-Emmanuel ne rejoignit, désolé,

La guerre d'Italie fut populaire, sauf qu'après la victoire. Garibaldi bataillait dans le parti catholique, inquiet pour avec ses volontaires dans la région des le Saint-Siège. lacs alpestres, où il remporta quelques

Depuis longtemps, les «pitiés d'Italie» succès.

Magenta.

fut, comme

soldats » ; la vaillance des troupes ré

para les erreurs des chefs.

Le « décousu » de la bataille a été

JV59. — SOLFÉRINO.

Solférino. — La du succès de la journée. Un violent Lombardie fut perdue orage qui éclata vers le soir permit aux pour les Autrichiens ; Autrichiens de se retirer sans être pour- Napoléon, avec Victor- suivis (24 juin 1859).

La menace allemande. — Qufnze jours après, Napoléon arrêta la guerre qui paraissait n'être encore qu'à son premier acte.

C'avait été l'erreur capitale des entrede la Vénétie, en avant prises de la monarchie en Italie : tout faire du fameux quadrila- espérer sans avoir mesuré l'effort nécestère ; l'empereur Fran- saire. Même contradiction en 185g: çois- Joseph prit le l'empereur, dans sa proclamation de mai, en a promis «l'Italie libre jusqu'à l'Adriatique » ; il se borna, en juin, à chasser l'Autriche de la Lombardie, lui laissa Venise.

Si peu glorieux que fût ce brusque

Emmanuel, fît une entrée triomphale à Milan.

Les Autrichiens se replièrent aux confins

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