LES -GUERRES LOINTAINES
/^o.MME s'il n'avait jamais promis que ^ l'Empire serait la paix. Napoléon III ne fut pas plutôt sorti de la guerre d'Italie qu'il entreprit des expéditions lointaines, de caractères d'ailleurs fort différents.
Les premières, en Asie, accrurent notre domaine colonial ou fortifièrent notre politique traditionnelle dans le bassin oriental de la Méditerranée et dans l'Océan Indien. La dernière, en Amérique, dirigée contre l'indépendance d'un peuple, annoncée comme « la grande pensée du règne >, finit par une catastrophe.
Expédition de Syrie. — En Syrie, ce fut à titre de mandataire de l'Europe, que l'empereur envoya une forte brigade pour châtier les Druses, qui avaient assailli nos vieux clients les Maronites. Beyrouth fut occupé jusqu'à la refonte des institutions et la nomination d'un chrétien comme gouverneur du Liban.
Pour courte qu'ait été cette apparition du drapeau français en Syrie, elle ne fut pas inutile au succès d'une autre entreprise.
Déjà l'antiquité avait voulu percer l'isthme de Suez qui unit l'Asie à l'Afrique et sépare la Méditerranée des mers d'Extrême-Orient. Proposé vainement par Leibnitz à Louis XIV, le percement
de l'isthme figura au programme de l'expédition de Bonaparte en Egypte. On retrouva les traces du canal ébauché par les Pharaons. L'école saint-simonienne reprit les travaux de Laplace et de Fourier. Un ancien diplomate, Ferdieand de Lesseps, chez qui la foi à l'humanité et à la science touchait au génie, obtint la concession de l'affaire. En quinze années, il remporta sur le désert une des belles victoires de la civilisation.
La Cochinchine. — En Indo-Chine, les mauvais traitements exercés contre des missionnaires amenèrent l'intervention d'une escadre française ; Sa'igon, puis toute la Cochinchine furent ajoutés à notre domaine colonial.
Le Cambodge, inquiet des ambitions du Siam, réclama notre protectorat.
Prise de Pékin. — L'expédition de Chine associa de nouveau l'Angleterre et la France.
Le vieil Empire, peut-être le plus ancien du monde, ne s'était entr'ouvert qu'à regret au commerce de l'Europe et à la propagande, souvent imprudente, des missions ; les traités qu'il avait consentis étaient constamment violés.
Une armée de 20 000 hommes, où le contingent français était commandé par le général Cousin-Montauban, s'empara