‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 544 sur 725 · I.A FORMATlOiN DE L E.Ml'lKIi .\LI.i:.\I.VN U · texte numérisé non relu

I.A FORMATlOiN DE L E.Ml'lKIi .\LI.i:.\I.VN U

major.

Ils étaient tous trois liés d'ancienne date ; ils le restèrent toute leur vie. Il y a peu d'e.xempies d'une aiifisi longue et redoutable association.

Bismarck se fit tout de suite l'homme du parti militaire. La

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Comme Cavour, Bismarck eut d'abord l'appui de Napoléon III.

Avènement de Bismarck- — C'était un hob reau brandebourgeois, d'une vieille famille militaire dont la devise rappelle celle de h'ouquet : Noch lange nicht genu'j, « bien loin d'être assez ».

Prussien dans la moelle, et s'en targuant, il annonça, dès ses débuts dans la Chambre prussienne vie publique, son ambition : « La Prusse était opposée aux pr restant Prusse et donnant la loi à l'Aile

,;ngne. »

^,^ . Avec moins de brutale franchise, il .i entendit pas autrement, à aucun Q' ornent, l'unité allemande.

jets de Roon sur la réorganisation, c'est-àdire sur l'accroissement de l'armée. Bismarck iit simplement ^-so.

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//(O/iii'., Berlin.;

GCERKK DES DUCHÉS. — 1864.

rétablir par la Chambre des seigneurs les crédits rejeté^ et, mis en minorité, resta aux affaires.

Loin de s'en cacher, il proclama son mépris des assemblées parlementaires et des politiques pacifiques. Il dit crûment que «les grandes questions du temps ne seraient pas décidées par des discours et des décisions de majorité », mais « par le fer et par Je sang ». La fameuse formule : « La force prime le droit » n'est que la traduction synthétique (par le comte Schwerin) de Tun de ses discours.

Guerre des duchés. — L'Empire allemand des Hohenzollem est sorti des trois grandes guerres qui furent déchaînées en moins de six années (1864-1870) par c t homme d'Etat plein de génie et de ruse, sans humanité et sans scrupule. L"impéritie de ses adversaires et l'imprévoyance des autres gouvernements ne le servirent pas moins que sa puissante intelligence et Tarmée prussienne.

Il commença par associer l'Autriche à son entreprise contre les duchés de l'Elbe ; la possession en avait été reconnue au Danemark par le traité de Londres (1852) qui portait les signatures de l'Autriche comme de la Prusse. On doit accorder que, si le Slesvig du Nord était certainement danois, le Holstein n'était pas moins certainement allemand et que la question, posée par l'avènement de la dynastie de Gllicksburg, après la mort du roi Frédéric, était complexe.

Pendant que Bismarck poursuivit la campagne diplomatique dont il a dit lui-même que c'est son œuvre maîtresse, Roon, le ministre de la Guerre, dit plus simplement : « La question est de force, non de droit. »

L'Angleterre n'eut que des velléités d'intervenir ; Napoléon III répondit « qu'une guerre entre l'Allemagne et la France serait la plus impie et la plus risquée » et « qu'il n'y fallait pas songer * ». Le petit Danemark fut écrasé àDuppel, malgré une héroïque résistance (1864).

Conflit entre la Prusse et l'Autriche.

— Cette complicité morale des grandes puissances dans l'affaire danoise fut l'origine des malheurs qui s'abattirent par la suite sur l'Europe, et, d'abord, sur l'Autriche.

Bismarck, alléguant la géographie, réclama la proie commune pour la Prusse seule, quitte à indemniser l'Autriche en argent. Il sut manœuvrer si bien qu'en moins de deux ans, ce fut l'Autriche, au

I. Drouyn de Lhuys au prince de la Tour d'Auverene, ambassadeur à Londres, 28 janvier 1864.

printemps de 1866, qui parut vouloir la guerre. Elle refusa de prendre part au Congrès qu'avait proposé r.\n,u;lcterr.^ si on ne lui garantissait pas par avance le Holstein et la Vénétie, que réclamait l'Italie.

L'entrevue de Biarritz. — Cette fois encore, Bismarck mit Napoléon III dans son jeu.

Thiers qui, du premier jour, vit clair dans les desseins de Bismarck et les dénonça dans des discours prophétiques au Corps législatif, avait remué l'opinion. Bismarck s'adressa directement à l'empereur.

Venu en France à l'automne de 1865, il eut avec lui à Biarritz, de longs entretiens secrets où il joua le rôle de tentateur.

Selon ses propres récits, Bismarck aurait expliqué seulement que les remaniements qu'il préparait en Allemagne étaient conformes au système napoléonien des « grandes agglomérations » ; hostile par principe à « la mosaïque disjointe » des Allemagnes, l'empereur profitera de la guerre pour achever à Venise son oeuvre italienne interrompue à Villafranca.

Bismarck lui fit-il, en outre, entrevoir une compensation territoriale sur le Rhin? En tout cas, il lui parla de la Belgique, puisqu'il fit savoir au roi des Belges que Napoléon lui en avait parlé, et Venise fut son grand argument, puisqu'il ne se gêna pas de dire en s'en allant que, «si l'Italie n'existait pas, il faudrait l'inventer i>.

Alliance italo-prussienne. — L'empereur, toujours son propre ministre des Affaires étrangères, travailla au traité d'alliance entre la Prusse et l'Italie contre l'Autriche. Il fit direàLa.Marmora : « Il est indispensable que vous déterminiez la Prusse à la guerre et que vous vous mettiez vous-même en état de la faire. »

Quand la guerre éclata, la France n'eut pas un seul homme sur le Rhin.

Bismarck a reconnu que le moindre rassemblement de troupes aurait empêché la Prusse de porter le gros de ses armées en Bohême.

Sadowa. — En moins d'un mois, l'.\utriche et les Etats de la confédération germanique qui s'étaient joints à elle furent écrasés. La victoire de Sadowa (3 juillet 1866) mit l'armée prussienne aux portes de Vienne. Il ne servit de rien à l'Autriche qu'elle eût, dans le même temps, battu les Italiens sur terre et sur mer, à Custozza et à Lissa.

Bismarck, en grand réaliste, ne

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SADOW A.

voulut de la victoire que les « résultats imposés par les nécessités politiques ». Il dut tenir tête au roi qui voulait une entrée triomphale à Vienne et des morceaux de Bohême. Il se refusa à ruiner et à humilier l'Autriche, exigea seulement qu'elle sortît de l'Allemagne. Il l'avait vue sans déplaisir céder la Vénétie à Napoléon III pour qu'il eût la gloriole d'en faire remise aux Italiens, qui se blessèrent du procédé.

La confédération du Nord. — En Allemagne, il alla exactement jusqu'au bout de la première étape de son grand dessein.

Par la réunion des duchés de l'Elbe, du Hanovre, de la Hesse, du Nassau et de la ville libre de Francfort, la Prusse gagna 4 millions d'âmes, s'agrandit plus qu'elle n'avait fait à aucune autre époque et, de la Sarre au Niémen, ne fut plus que d'un seul tenant. Les vingt États, que Bismarck laissa subsister au nord du Mein, entrèrent dans la confédération du Nord dont la Prusse eut la présidence avec la direction de la politique étrangère et le commandement suprême des armées.

Les Etats du Sud, en reconnaissance pour leurs territoires respectés, conclurent des conventions m.ilitaires qui assuraient leconcours de leurs forces en cas de guerre.

Ce n'était pas encore l'Empire des Hohenzollcrn ; mais c'en était le cadre.

Les compensations. — Sadowa éclata à Paris (selon le langage du temps) comme <i un coup de tonnerre ».

C'était les prévisions de Thiers justifiées : «Alors que, deMarignan à Almanza, la l'rance avait lutté avec ténacité fXDur abattre l'Empire des Habsbourg, elleallait riédifier elle-même le colosse germanique. >» Celles de Quinet seront vérifiées à leur tour : « L'Allemagne qu'où a déchaînée ne s'arrêtera pas là ».

On prêta ce mot au maréchal Randon, ministre de la Guerre : « C'est la France qui a été vaincue à Sadowa ».

L'empereur se sentit atteint et suivit la politique la plus incohérente.

Tantôt dans la même journée ^, il ordonna et contremanda la convocation des Chambres et la mobilisation. Tantôt il déclara dans une circulaire aux puissances, écrite tout entière de sa propre main, que « la France ne devait prendre aucun ombrage de la Prusse agrandie », que «la Prusse assurait l'indépendancede l'Allemagne» et

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