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LE PROCÈS BA VL>I

Rouher, qu'on appelait élever un monument au représentant

« le vice-empereur », Ma- Baudin, évoqua les origines du régime

gne, Baroçhe, et son dans le même temps où il travaillait à les

goût pour les hommes faire oublier.

du Tiers Parti, bona- Le procès Baudin. — Le plaidoyer

partistes ralliés à la li- de Gambetta, jeune avocat qui avait déjà

berté et opposants rai- attiré l'attention des vieux politiques,

liés à l'Empire, que ses surtout de Thiers, eut un retentissement

concessions successives énorme.

se retournèrent contre Le défenseur de Delescluze se fit ac-

roliie; (is. 4 18841. lui, mécontentant ses cusateur. Ce fut le procès du 2 décembre.

fa. Barry.) amis de la première Tous les régimes qui se sont succédé se

heure, et, loin de désarmer ses adver- sont honorés du jour qui les a vus naî-

saires, les e.xcitant. tre. Il n'y a que deux anniversaires, le

Thiers inclinait à aider à la transfor- 18 brumaire et le 2 décembre, qui n'ont

mation de l'Empire, mais il ne pardonnait jamais été mis au rang des solennités

pas le 2 décembre. Pour lui, comme pour d'origine par crainte que la conscience

Berryer et les républicains, c'était une universelle les repousse. « Cet anniver-

question d'honneur. saire dont vous n'avez pas voulu, nous

Au contraire, Emile Ollivier, fils d'un le revendiquons, nous le prenons pour

ancien proscrit, lui-même préfet de la nous. »

République de 1848, puis l'un des Cinq, Ce flot passionné «submergea» les

et, avec Jules Favre, leur plus bel juges ; Gambetta fut porté du premier

orateur, s était laissé gagner par Morny, le demi -frère de l'empereur, président du Corps législatif, en CO-' quetterie avec la gauche, puis par l'empereur lui-même; il avait rapport L la loi sur les coalitions.

La lutte fut entre Rouher et lui.

La souscription Baudin.

— L'abolition

PL.\N nr C.\NAL DE SUEZ Commencé en 1859 par Ferdinand de Lesseps, le canal, 137 kilomètres, fut ach;vé en l'ôç.

coup au pre mier rang des orateurs et des chefs républicains.

Les élections de 1869. — Au lendemain du procès, l'opposition prit partout l'oSensive ; l'Empire, qui avait perdu s s serviteurs les plus résolus (Billault, Morny, Fould), passa à une défensive hésitante.

du régime discrétionnaire de 185 2 avait été Les élections de mai 1869 donnèrent

suivie de l'apparition de nombreux jour- 40 sièges aux républicains, 50 à l'union

naux, pour la plupart républicains et libérale, 116 au Tiers Parti. Les bona-

très ardents, le Rappel des fils de Victor partistes «purs » se trouvèrent en mino-

Hugo, le Réveil de Delescluze, laLanterne rite.

d'Henri Rochefort, pamphlet hebdoma- Gambetta fut élu deux fois, à Paris daire qui menait moins la guerre contre et à Mai-seille. Paris ne nomma que des les idées que contre les personnes. candidats de l'opposition : Thiers, Favre, Du moment que l'Empire rendait la Jules Simon, Jules Ferry, Ernest Picard, main à la presse, il eût fallu pretidre son Baiicel, Garnier Pages, Pelletan. Belleparti du bruit que fait la liberté : au ville, à une élection partielle, nomma contraire, le ministère public multiplia Rochefort.

les procès devant les tribunaux correc- L'Empire craquait. L'empereur se

tionnels, seuls compétents et qui cou- résigna à rétablir le-régime parlementaire

damnaient toujours.

La suppression du pamphlet de Rochefort fit de cet amuseur un personnage ; le procès intenté aux journaux qui avaient

et donna le pou\<)ir à Ollivier.

Le ministère Ollivier. — La tentative de concilier l'Empire et la liberté ayant été interrompue chaque fois par une

ouvert une souscription publique pour catastrophe, il sera toujours difficile de

MIXISTERE OLLIVIHR. — 1H70.

décider si l'Acte addi- au cours d'une dispute. Deux cent mille finnnel de 1S15, rédigé Parisiens suivirent son cercueil, par Benjamin Cous- Repoussé par ses anciens amis, pour

tant, et le sénatus- qui sa conversion était une trahison, consulte de i86q, con- Ollivier se rapprocha de la droite, mais soillé par Emile Olli- elle ne lui pardonnait pas d'avoir été vier, et qui l'un et républicain. Il s'obstina à vouloir concilier les contradictoires.

Le plébiscite. — Comme les transformations de l'Empire avaient été réalisées par des sénatus-consultes que d'autres pouvaient révoquer, Ollivier D'Ollivier et de ses imagina de faire ratifier par un plébiscite dans le ministère du un dernier sénatus-consulte qui, réunison peut répéter le mot sant et complétant les réformes déjà

l'autre remettaient en vigueur les principales dispositions de la Charte, étaient des œuvres viables.

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