DECLARATION DE GUERRE
autre examen, donna au piège.
Au Conseil des ministres, comme le ministre de la Guerre, Le Bœuf, garantissait la victoire, on décida que la France avait été insultée dans la personne de Benedetti et que ce qui venait de se passer .""^ '^f^a^ à Berlin constituait
une déclaration de guerre. La mobilisation fut aussitôt ordonnée (14 juillet).
La séance du 15 juillet. — .-Vu Corps législatif, quand Ollivier , apporta une demande de crédits de 50 millions dont le vote impliquait la guerre, il fut acclamé par les trois quarts de la Chambre. Seuls, les républicains, et surtout Thiers, protestèrent.
* Est-il vrai, demandait Thiers, que, sur le fond, c'est-à-dire sur la candidature du prince de Hohenzollem, votre réclamation a été-écoutée, et qu'il y a été fait droit? Voulez-vous que l'Europe tout entière dise que le fond était accordé et que, pour une question de forme, vous vous êtes décidés à verser des torrents de sang? »
Des clameurs étouffèrent sa voix, des bancs de la droite partaient des cris de « Traître! Émigré! ». Il lutta, avec l'énergie du désespoir, contre la tragique aventure. Ollivier, lui répondant, laissa échapper le mot qui resta collé toute sa vie à son nom: «Oui, de ce jour commence pour mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l'acceptons le cœur léger. »
Buffet, hier encore ministre, et Jules Favre réclamèrent le texte de la dépèche prussienne aux cours étrangères, dépêche