I. E. Ollivier
REICHSHOFFEX ET SPICHERE-\.
Mac-Mahon, qui commandait à Strasbourg,, avait mis en flèche la division Abel Douay aux lignes fameuses de Wissembourg. L'avant-garde du prince royal de Prusse l'y surprit à l'aube du 4 août. Douay se fit bravement tuer au Geisberg. La résistance fut si acharnée que les Allemands cnirent s'être battu?
contre plus de deux divisions.
Cette première surprise fut suivie de plusieurs autres, beaucoup plus graves, tant l'armée se gardait mal.
Relehshoffen. — Le 6, Mac-Mahon, qui se préparait à prendre sa revanche
Il avait, la veille, donné au général de FaiUy l'ordre précis de se porter de Bitche sur Reichshoffen avec son corps d'armée ; Failly n'en fit rien, alors qu'au dire d'un historien allemand ',son arrivée sur le champ de bataille eût changé le sort de la journée i).
Spicheren. — Le même jour où la bataille de Frœschwiller ouvrait l'Alsace aux Allemands, celle de Forbach leur ouvrit la Lorraine.
Là aussi, nous fûmes assaillis soudainement, mais alors qu'à Frœschwiller Mac-Mahon eut tout de suite sur les Iras
l .a célèbre charge des cuirassiers qui se sacrifient pour sauver les autres snues. « Spectacle digne des plus grandes épt'pées S, dira le prince royal de Prtisse. (Par Aimé Morot, Musée de l'ersaUUs).
le lendemain, fut attaqué à l'improviste ea arrière de la Sauer, sur les hauteurs de Wœrth, par toutes les forces du prince royal, loo ooo hommes contre 45 000, avec plus de 250 canons hors de portée de nos pièces.
Sous la protection de leur feu, des masses d'infauterie s'élancèrent centre nos positions, furent rejetées, revinrent avec des rouforts et menacèrent bientôt d'envelopper notre centre et notre gauche.
La cavalerie se sacrifia tout entière pour dégager les autres armes. ♦ Spectacle digne des plus grandes épopées », dira le prince royal des deux charges héroïques de cuirassiers et de lanciers, sur les pentes et dans le village même de Morsbronn, puis en avant de Reichshoffen, parmi les houblonnières et les vignes.
Après une lutte acharnée à Frœsch- \.iller, Mac-Mahon ordonna la retraite sur Saverne.
des forces deux fois supérieures, Frossard eut pendant presque toute la journée l'avantage du nombre sur l'avant-garde de Steiumetz.
S'il eût pris l'offensive vers le milieu de la journée, il aurait jeté les Allemands dans la Sarre. Son extrême circonspection donna le temps aux renforts ennemis d'accourir- et de déborder le plateau de Spicheren.
Et, là aussi, le corps voisin, qui était celui de Bazaine, ne vint pas au canon. Frossard l'appela en vain ; trois divisions, qui étaient à moins de trois heures de marche du lieu du combat, eussent changé en déroute l'attaque de Steinmetz.
Chute du ministère Ollivier. — Ces défaites coup sur coup, cette troisième invasion sous la dynastie des Bonaparte, obligèrent la régente à convoquer les