L'ARMÉE D
PENDANT que Bazaine, de propos délibéré, renfermait dans Metz la plus belle partie de l'armée qui avait été l'armée du Rhin, Mac-Mahon allait en mener, contre son gré, l'autre partie au désastre de Sedan.
Camp de Cbâlons. — L'empereur, arrivé le i6 août à Châlons, trouva Mac-Mahon qui avait réorganisé trois de ses corps d'armée et en avait reçu un quatrième, en tout 120000 hommes.
Le prince Napoléon et les généraux Trochu, Schmitz et Berthaud assistèrent au conseil de guerre qui fut unanime, le lendemain, à décider de ramener l'armée devant Paris et d'y attendre les Allemands.
Trochu, nommé gouverneur de Paris, s'y rendit aussitôt pour activer la défense de la capitale et de son camp retranché.
Au contraire, l'impératrice, le général de Palikao et Rouher, président du Sénat, ne voulaient pas que l'empereur rentrât à Paris sous le coup de ses défaites ; ils insistèrent pour que l'armée de Châlons se portât au secours de l'armée de Metz.
La manœuvre de Palikao. — Mac- Mahon protesta d'abord qu'éloigner l'armée de la capitale et des communications avec l'intérieur du pays, ce serait découvrir Paris ; au surplus, ses troupes n'avaient pas encore repris la cohésion nécessaire à une opération de grande envergure. Puis, faible et indécis comme il était le plus souvent hors du champ de bataille, il céda.
Bazaine télégraphia, le 20, qu'il se proposait de sortir de Metz par le Nord, puis, le 22, que «l'ennemi grossissait toujours autour de lui et qu'il préviendrait de sa marche, si toutefois il pouvait l'entreprendre sans compromettre l'armée ». Le colonel Stoffel, gagné aux idées de l'impératrice et de Palikao, ne communiqua pas la seconde dépêche à Mac- Mahon.
Le 23, Mac-Mahon se mit en marche, à petites journées, en direction de Montmédy et avisa Bazaine, qui prépara, pour le 26, l'un de ses simulacres de sortie.
La manœuvre de Moltke. — Le même jour, après avoir laissé le prince Frédéric- CharlesdevantMetz avec 2ooooohommes, Moltke prenait le chemin de Paris avec les deux armées du prince royal et du prince Albert de Saxe.
Il avait perdu le contact avec Mac- MaliMH et le croyait à Reims quand, le 25, une dépêche de Londres lui annonça,